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Les gammes pentatoniques, majeure et mineure
Qu'est-ce qu'une gamme pentatonique ? Une histoire plus large que le blues
Une gamme pentatonique est simplement une gamme construite sur cinq notes par octave, là où la gamme majeure ou la gamme mineure naturelle, détaillées dans le guide « Les gammes majeures et mineures pour bien débuter » du Music Hub, en comptent sept. Le terme recouvre en réalité toute une famille de gammes à travers le monde, mais ce guide se concentre sur les deux formes les plus jouées en guitare, en basse et en improvisation occidentale : la pentatonique majeure et la pentatonique mineure, deux miroirs l'une de l'autre qui partagent une propriété précise, l'absence totale de demi-ton entre deux quelconques de leurs notes. La musicologie comparée range ce type de gamme dans la catégorie dite anhémitonique, par opposition aux pentatoniques hémitoniques, qui comportent au contraire un ou plusieurs demi-tons, comme certains modes traditionnels japonais utilisés au shamisen ou au koto : toutes les pentatoniques du monde ne se ressemblent donc pas note pour note, et celle décrite ici n'en est qu'une famille précise parmi d'autres.
Cette famille anhémitonique n'a rien d'une curiosité récente ni d'une invention du blues ou du rock : elle apparaît, sous des formes locales variées, dans une proportion écrasante des musiques traditionnelles du monde entier, souvent depuis des siècles voire des millénaires avant que la guitare électrique n'existe. On la retrouve dans le folklore celtique, dans le folklore hongrois, dans les chants huayno des Andes, dans le gamelan indonésien, dans une grande partie de la musique nord-amérindienne et dans une large part de la musique ouest-africaine, elle-même à l'origine directe des spirituals, du blues et du jazz afro-américains. Cette convergence entre des cultures largement indépendantes les unes des autres suggère que la structure en cinq notes sans demi-ton correspond à quelque chose de particulièrement naturel à l'oreille humaine pour construire une mélodie, bien au-delà d'un seul genre ou d'une seule aire culturelle.
Construire la pentatonique majeure : les deux degrés qu'on retire, et pourquoi eux
La gamme majeure classique, décrite en détail dans le guide sur les gammes majeures et mineures du Music Hub, place ses deux seuls demi-tons toujours au même endroit : entre le troisième et le quatrième degré, puis entre le septième degré et la tonique de l'octave suivante. La pentatonique majeure s'obtient en retirant précisément les deux notes qui portent ces demi-tons, le quatrième et le septième degré, pour ne garder que les cinq autres : le premier, le deuxième, le troisième, le cinquième et le sixième. Sur Do majeur, Do Ré Mi Fa Sol La Si, cela revient à retirer le Fa et le Si pour ne garder que Do, Ré, Mi, Sol, La.
Ce choix n'a rien d'arbitraire, même s'il est rarement présenté ainsi dans les méthodes de guitare qui l'enseignent surtout comme une suite de cases à mémoriser. En retirant le quatrième et le septième degré, on retire du même geste les deux seuls endroits où la gamme majeure resserre l'écart entre deux notes voisines à un simple demi-ton. Ce qui reste, ce sont uniquement des écarts d'un ton entier ou d'une tierce mineure, un ton et demi, entre chaque note et la suivante : Do-Ré un ton, Ré-Mi un ton, Mi-Sol une tierce mineure, Sol-La un ton, La-Do une tierce mineure. Plus aucune paire de notes adjacentes ne frotte l'une contre l'autre d'un simple demi-ton, ce qui est précisément la source du caractère très tolérant de cette gamme, détaillé plus loin.
Construire la pentatonique mineure : la même logique, côté mineur
La gamme mineure naturelle suit sa propre formule, un ton, un demi-ton, un ton, un ton, un demi-ton, un ton, un ton, avec ses deux demi-tons placés entre le deuxième et le troisième degré, puis entre le cinquième et le sixième. La pentatonique mineure applique exactement la même logique que la majeure, mais sur ces deux points de resserrement qui lui sont propres : elle retire le deuxième et le sixième degré de la mineure naturelle, pour ne garder que le premier, le troisième, le quatrième, le cinquième et le septième. Sur La mineur, La Si Do Ré Mi Fa Sol, cela revient à retirer le Si et le Fa pour ne garder que La, Do, Ré, Mi, Sol.
Vue depuis la théorie de la gamme majeure plutôt que depuis celle de la mineure naturelle, cette même gamme s'écrit plus couramment premier degré, tierce mineure, quarte, quinte, septième mineure : c'est la formule qu'on retrouve dans la quasi-totalité des méthodes de guitare, de basse et d'harmonica, parce qu'elle permet de comparer directement la pentatonique mineure à l'accord ou à la grille sur laquelle on va l'utiliser. Les deux écritures décrivent rigoureusement les mêmes cinq notes ; seule change la gamme de sept notes prise comme point de référence pour les nommer. La majeure retire ses quatrième et septième degrés, la mineure naturelle retire ses deuxième et sixième : dans les deux cas, ce sont très exactement les deux degrés qui portaient un demi-ton dans la gamme parente, jamais un autre couple choisi au hasard.
| Type | Gamme parente | Degrés conservés | Degrés retirés (ceux qui portent un demi-ton) | Exemple |
|---|---|---|---|---|
| Pentatonique majeure | Gamme majeure (Do Ré Mi Fa Sol La Si) | 1-2-3-5-6 | 4e et 7e degrés (Fa et Si) | Do Ré Mi Sol La |
| Pentatonique mineure | Gamme mineure naturelle (La Si Do Ré Mi Fa Sol) | 1-♭3-4-5-♭7 | 2e et 6e degrés (Si et Fa) | La Do Ré Mi Sol |
Le tableau ci-dessus range côte à côte la construction de la majeure et celle de la mineure pour bien montrer le parallèle : dans les deux familles, ce sont toujours les degrés porteurs de demi-ton qui disparaissent, jamais d'autres.
Pourquoi ça sonne toujours juste : l'absence de demi-ton et de triton
Ce qui rend la pentatonique si tolérante à l'improvisation tient à une propriété que la construction précédente met déjà en évidence : en retirant les deux notes porteuses de demi-ton, on retire du même geste tout risque de triton, l'intervalle de trois tons pleins qui reste, en harmonie tonale occidentale, le plus instable et le plus difficile à faire sonner consonant. En prenant les cinq notes de Do majeur pentatonique, Do, Ré, Mi, Sol, La, et en calculant l'écart entre chaque paire possible, aucune des dix combinaisons n'atteint ni le demi-ton ni le triton : on ne trouve que des tons entiers ou des tierces mineures. C'est une propriété de l'ensemble des cinq notes prises deux à deux, pas seulement des notes voisines dans l'ordre de la gamme, ce qui explique pourquoi sauter d'une note à une autre, même en dehors de cet ordre habituel, continue de sonner juste.
Cette absence de demi-ton et de triton se retrouve aussi par un tout autre chemin, celui du cycle des quintes détaillé dans le guide sur les tonalités et l'armure du Music Hub : en empilant quatre quintes justes consécutives à partir d'une tonique, Do, Sol, Ré, La, Mi, puis en ramenant ces cinq notes à l'intérieur d'une seule octave, on retombe très exactement sur les cinq notes de la pentatonique majeure de Do. Ce n'est pas une coïncidence : la quinte juste est, avec l'octave, l'intervalle le plus stable et le plus consonant de tout le système tonal, et une gamme bâtie uniquement à partir de quintes empilées ne peut structurellement contenir ni demi-ton ni triton entre ses notes. C'est ce même empilement de quintes qui explique, du reste, pourquoi la pentatonique se marie si facilement avec des accords très différents les uns des autres : elle n'appuie jamais sur la tension la plus dure que peut produire l'harmonie occidentale.
La relation avec la relative : mêmes notes, autre point de repos
La pentatonique mineure entretient avec sa pentatonique majeure relative exactement le même rapport que la gamme mineure naturelle avec sa majeure relative, détaillé dans le guide sur les gammes majeures et mineures : mêmes notes, seule la tonique change. La mineur pentatonique, La Do Ré Mi Sol, et Do majeur pentatonique, Do Ré Mi Sol La, sont ainsi rigoureusement la même collection de cinq notes, seulement réordonnée autour d'un point de départ différent. Ce n'est pas une coïncidence isolée : puisque la pentatonique mineure se construit en retirant le deuxième et le sixième degré de la mineure naturelle, et que cette mineure naturelle partage déjà toutes ses notes avec sa majeure relative, la pentatonique qui en découle partage forcément, elle aussi, exactement les mêmes cinq notes que la pentatonique majeure correspondante.
Sur le plan pratique, cette relation signifie qu'apprendre une seule collection de cinq notes sur le manche donne accès à deux gammes en une seule fois, à condition de savoir sur quelle tonique on retombe. Un guitariste qui connaît la position de La mineur pentatonique joue, sans bouger une seule case, exactement les notes de Do majeur pentatonique : seul change l'endroit où l'oreille et le phrasé placent le point de repos. Retrouver la relative d'une pentatonique suit la même règle que pour les gammes complètes : on descend d'une tierce mineure sous la tonique majeure, ou, dans l'autre sens, on monte d'une tierce mineure depuis la tonique mineure pour retrouver sa majeure relative.
Les cinq positions sur le manche de la guitare
Sur le manche d'une guitare ou d'une basse, les cinq notes de la pentatonique ne se jouent jamais dans une seule zone : elles se répartissent en cinq schémas de doigtés qui se suivent et se chevauchent d'un bout à l'autre du manche, chacun prenant pour point de départ un degré différent de la gamme sur la corde la plus grave. La première position démarre avec la tonique elle-même sur cette corde ; la position suivante démarre quelques cases plus haut, sur le degré suivant de la gamme, et ainsi de suite jusqu'à la cinquième position, après laquelle le premier schéma revient à l'identique, une octave plus haut sur le manche. Cinq positions suffisent donc, selon la convention la plus répandue, à couvrir la totalité du manche jouable, sans qu'une sixième forme ne soit nécessaire.
Ce découpage en cinq blocs mobiles doit beaucoup au système dit CAGED, hérité des cinq formes d'accords ouverts do-la-sol-mi-ré, C-A-G-E-D en notation anglo-saxonne, qui range lui aussi le manche en cinq zones qui se suivent toujours dans le même ordre de lettres en montant, avant de revenir à la première forme une octave plus haut. Chaque position de pentatonique se superpose assez naturellement à l'une de ces cinq formes d'accord, ce qui permet de relier directement une position de gamme à l'accord qu'elle habille.
| Position | Degré de la tonique sur la corde grave | Ce qui relie à la position suivante | Portée approximative |
|---|---|---|---|
| Position 1 | Tonique de la gamme (1er degré) | La position 2 démarre quelques cases plus haut, sur le degré suivant | 3 à 4 cases |
| Position 2 | 2e degré (pentatonique majeure) ou tierce mineure (pentatonique mineure) | Chevauche la fin de la position 1 sur une ou deux cordes | 3 à 4 cases |
| Position 3 | 3e degré (majeure) ou quarte (mineure) | Chevauche la fin de la position 2 | 3 à 4 cases |
| Position 4 | 5e degré, commun aux deux gammes | Chevauche la fin de la position 3 | 3 à 4 cases |
| Position 5 | 6e degré (majeure) ou septième mineure (mineure) | Chevauche la fin de la position 4 ; la position 1 revient ensuite une octave plus haut | 3 à 4 cases |
Parce que la pentatonique mineure et sa pentatonique majeure relative partagent, comme vu plus haut, rigoureusement les mêmes cinq notes, ces cinq positions sont aussi, physiquement, les cinq mêmes formes sur le manche pour les deux gammes : seule change la case que l'oreille et le phrasé traitent comme point de repos, la tonique. Le principal bénéfice de connaître les cinq positions plutôt qu'une seule n'est d'ailleurs pas de pouvoir jouer plus aigu ou plus grave, mais de pouvoir changer de position en plein milieu d'une phrase, sans redescendre à la position de départ, pour profiter d'un doigté plus confortable ou d'une couleur de timbre différente sur une autre zone du manche. Un débutant qui reste enfermé dans sa toute première position, souvent parce que c'est la seule qu'il a mémorisée, se prive d'une bonne partie de l'expressivité que permet l'instrument.
La blue note : quand la pentatonique mineure devient la gamme blues
La pentatonique mineure devient la gamme blues par l'ajout d'une seule note supplémentaire, insérée entre le quatrième et le cinquième degré : une quinte diminuée, le fameux triton que la pentatonique évite si soigneusement par construction, réintroduit ici volontairement pour son effet expressif plutôt qu'évité pour sa stabilité. Cette note porte un nom à part dans la tradition afro-américaine, la blue note, et sa présence fait passer la gamme de cinq à six notes : premier degré, tierce mineure, quarte, quinte diminuée, quinte, septième mineure.
Le terme blue note ne désigne pas, à l'origine, une hauteur exacte et figée que la notation occidentale saurait noter sans reste. Les blue notes, la tierce, la quinte et la septième abaissées, sont nées des pratiques vocales des travailleurs afro-américains du XIXe siècle dans le Sud des États-Unis, spirituals, chants de travail et hollers, qui faisaient glisser certaines notes entre deux hauteurs du tempérament égal occidental plutôt que de les fixer sur l'une ou l'autre. Une véritable blue note se situe ainsi souvent quelque part entre deux demi-tons du piano, un espace que seuls le chant, le bending de guitare ou certains instruments à vent comme l'harmonica peuvent restituer fidèlement, quand un clavier tempéré doit nécessairement trancher pour l'une des deux notes voisines.
L'histoire du mot lui-même remonte plus loin que la musique : l'expression anglaise blue devil, un démon censé provoquer la mélancolie, est attestée dès le XVe siècle, bien avant qu'elle ne donne naissance à blues comme synonyme de cafard, puis au terme musical qui en dérive. Des travaux de lexicographie font remonter la toute première mention écrite d'une blue note à un article de presse américain de 1895, mais c'est surtout la publication de la partition Memphis Blues par le compositeur William Christopher Handy, en 1912, qui est considérée comme l'une des premières à noter explicitement ces tierces et septièmes abaissées, contribuant à fixer le concept dans le vocabulaire musical écrit ; le terme blue note lui-même n'apparaît de façon standardisée dans les sources qu'autour de 1919. Jouer la quinte abaissée de la gamme blues comme une note fixe et jamais infléchie, sans glissé ni bending, revient ainsi à figer sur le papier un geste vocal qui, à l'origine, ne tenait justement pas en place.
Une histoire mondiale, bien plus large que le blues
L'histoire de la gamme pentatonique déborde très largement du blues et du rock, qui n'en sont, à l'échelle de cette histoire, qu'un épisode récent. Le système chinois le plus ancien attesté organise cinq notes, gong, shang, jue, zhi et yu, en quintes successives depuis plus de 2600 ans, dès la période dite des Printemps et Automnes ; chaque note y correspond en outre à toute une cosmologie, cinq éléments, la terre, le métal, le bois, le feu et l'eau, mais aussi cinq planètes, cinq saisons, cinq points cardinaux et cinq vertus, un système de correspondances bien plus ancien que la moindre notation occidentale des tons et demi-tons. Des instruments chinois traditionnels comme le guzheng, une cithare sur table, ou le dizi, une flûte en bambou, restent aujourd'hui encore accordés sur cette même gamme à cinq notes.
Cette universalité ne se limite pas à l'Asie de l'Est. Le folklore celtique, le folklore hongrois, le gamelan indonésien, les chants huayno des Andes et une grande partie de la musique nord-amérindienne et ouest-africaine partagent, chacun à leur manière, cette même préférence pour des collections de cinq notes sans demi-ton resserré. Cette convergence, observée entre des cultures qui n'ont eu, historiquement, aucun contact direct entre elles, a nourri l'hypothèse ancienne selon laquelle la pentatonique anhémitonique représenterait une étape particulièrement stable et naturelle dans la construction d'une mélodie, retrouvée indépendamment par des musiciens séparés par des océans et des millénaires plutôt que diffusée d'une seule source vers les autres.
Toutes les pentatoniques traditionnelles ne se ressemblent cependant pas note pour note : certains modes japonais utilisés au koto ou au shamisen comportent au contraire un ou plusieurs demi-tons, ce qui les classe, dans la musicologie comparée, parmi les pentatoniques hémitoniques plutôt qu'anhémitoniques. La paire majeure et mineure décrite dans ce guide, héritée du blues, du jazz et du rock occidentaux, n'est donc qu'une des nombreuses variantes que la pentatonique a prises à travers le monde, la plus répandue dans le répertoire que couvre le Music Hub, mais pas la seule qui existe.
Comment choisir sa pentatonique face à une grille d'accords
Le repère le plus fiable pour choisir entre pentatonique majeure et pentatonique mineure sur une grille reste la nature de l'accord joué à un instant donné, bien avant toute préférence de style. Face à un accord ou une grille clairement majeurs, tierce majeure à l'appui, la pentatonique majeure de la même tonique colle naturellement aux notes de l'accord ; face à un accord ou une grille clairement mineurs, tierce mineure à l'appui, c'est la pentatonique mineure de cette même tonique qui s'impose en premier réflexe. Jouer une pentatonique majeure sur un accord mineur, ou l'inverse, fait immédiatement entendre le frottement d'une tierce majeure contre une tierce mineure, l'un des chocs les plus reconnaissables à l'oreille en improvisation.
Le blues classique brouille volontairement ce repère : sa grille enchaîne presque toujours des accords de dominante 7 sur son premier, son quatrième et son cinquième degré, comme le détaille le guide sur la grille de blues 12 mesures du Music Hub, alors que la mélodie et l'improvisation restent bâties sur la pentatonique mineure de la tonique du morceau du début à la fin, sans jamais suivre les accords un par un. Cette tolérance tient à l'ambiguïté même de la tierce dans le blues, la tierce mineure de la pentatonique et la tierce majeure de l'accord de dominante coexistant sans jamais vraiment se contredire, une des raisons pour lesquelles cette seule gamme peut habiller toute une grille de blues sans en changer une seule fois.
En dehors du blues, un réflexe utile face à une grille pop ou rock qui reste globalement dans une seule tonalité consiste à choisir la pentatonique, majeure ou mineure, de cette tonalité d'ensemble plutôt que de changer de gamme à chaque accord : la pentatonique majeure et sa relative mineure couvrant exactement les mêmes cinq notes, comme vu plus haut, le choix entre les deux tient surtout à l'endroit où l'improvisation choisit de poser son point de repos, pas à un calcul différent pour chaque accord de la grille.
Pièges classiques à éviter
PiègeCroire qu'une pentatonique est n'importe quelle suite de cinq notes prises au hasard dans une gamme de sept.
Pourquoi — Les deux notes retirées ne sont jamais un choix libre : ce sont précisément celles qui portent les deux seuls demi-tons de la gamme parente, majeure ou mineure naturelle. En retirer deux autres au hasard laisserait un ou plusieurs demi-tons dans la gamme obtenue, et perdrait exactement la propriété qui rend la pentatonique aussi tolérante à l'improvisation.
La bonne pratique : Reconstruis la gamme degré par degré à partir de la formule, en repérant d'abord où tombent les deux demi-tons de la gamme parente, avant de décider quels degrés retirer.
PiègeTraiter la pentatonique mineure et sa pentatonique majeure relative comme deux réservoirs de notes différents, à apprendre séparément sur le manche.
Pourquoi — Les deux gammes partagent rigoureusement les mêmes cinq notes, exactement comme une gamme mineure naturelle et sa majeure relative. Les apprendre comme deux positions distinctes double un travail de mémorisation qui n'a, en réalité, rien à doubler.
La bonne pratique : Apprends une seule collection de cinq notes par position, puis entraîne-toi à situer les deux toniques possibles dessus, majeure et mineure relative, plutôt que deux doigtés séparés.
PiègeJouer la quinte abaissée de la gamme blues comme une note fixe, jamais bendée ni glissée, exactement comme les autres degrés de la gamme.
Pourquoi — La blue note est née d'une inflexion vocale afro-américaine glissée entre deux hauteurs du tempérament égal, pas d'une hauteur fixe assignée à une seule case ou une seule touche. La jouer strictement en place, sans aucun mouvement de hauteur, efface l'expressivité qui lui donne son nom et son sens.
La bonne pratique : Travaille le bending ou le glissé sur cette note précise plutôt que de la traiter comme les autres degrés de la gamme, pour restituer l'intention vocale d'origine.
PiègeRester bloqué dans une seule position sur le manche, en général la toute première apprise, sans jamais enchaîner vers les positions voisines.
Pourquoi — Les cinq positions se chevauchent et couvrent ensemble tout le manche ; s'en tenir à une seule limite artificiellement le registre disponible et empêche de profiter d'un doigté plus confortable ou d'une couleur de timbre différente selon la zone du manche.
La bonne pratique : Entraîne-toi à passer d'une position à la position voisine en plein milieu d'une phrase, sans redescendre à la position de départ, jusqu'à ce que le changement devienne un réflexe.
PiègeAppliquer la pentatonique mineure par réflexe sur une grille clairement majeure, sans vérifier la tierce des accords joués.
Pourquoi — Hors contexte de blues, où l'ambiguïté de la tierce est recherchée volontairement, la tierce mineure de la pentatonique frotte nettement contre la tierce majeure d'un accord ou d'une grille pop ou rock clairement majeurs, un choc facilement audible même pour une oreille peu entraînée.
La bonne pratique : Vérifie la tierce de l'accord avant de choisir entre pentatonique majeure et mineure, et réserve l'exception du blues aux grilles qui l'appellent explicitement.
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Quelle est la formule de la pentatonique majeure ?
Elle garde les premier, deuxième, troisième, cinquième et sixième degrés de la gamme majeure et retire le quatrième et le septième, les deux seuls degrés qui portent un demi-ton dans la gamme parente. Sur Do majeur, cela donne Do, Ré, Mi, Sol, La, en retirant le Fa et le Si.
Quelle est la formule de la pentatonique mineure ?
Elle garde le premier degré, la tierce mineure, la quarte, la quinte et la septième mineure de la gamme mineure naturelle, en retirant le deuxième et le sixième degré de cette même gamme, les deux qui portent un demi-ton. Sur La mineur, cela donne La, Do, Ré, Mi, Sol, en retirant le Si et le Fa.
Pourquoi la pentatonique sonne-t-elle presque toujours juste ?
Parce qu'en retirant les deux degrés porteurs de demi-ton de la gamme parente, on élimine du même geste tout triton entre ses cinq notes : il ne reste que des tons entiers et des tierces mineures, les deux intervalles les plus stables de l'harmonie occidentale. C'est aussi ce qu'on obtient en empilant quatre quintes justes consécutives depuis une même tonique.
Quelle est la relation entre une pentatonique majeure et sa pentatonique mineure relative ?
Exactement la même que pour les gammes complètes : les deux partagent rigoureusement les mêmes cinq notes, seule la tonique change. La mineur pentatonique et Do majeur pentatonique, par exemple, utilisent toutes deux Do, Ré, Mi, Sol et La.
Qu'est-ce que la blue note et comment transforme-t-elle la pentatonique mineure en gamme blues ?
La blue note est une quinte abaissée insérée entre le quatrième et le cinquième degré de la pentatonique mineure, ce qui la fait passer de cinq à six notes. Née des inflexions vocales afro-américaines du XIXe siècle, elle se joue à l'origine comme une note glissée ou bendée entre deux hauteurs du tempérament égal, pas comme une hauteur fixe.
Comment choisir entre pentatonique majeure et mineure face à une grille d'accords ?
Le repère le plus fiable est la tierce de l'accord joué : une tierce majeure appelle la pentatonique majeure de la même tonique, une tierce mineure appelle sa pentatonique mineure. Le blues fait exception volontairement, en gardant la pentatonique mineure de la tonique sur toute la grille malgré des accords de dominante 7.