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Guide batterie·33 min de lectureBatterie

Lire et noter une grille de batterie : la portée symbole par symbole

Lire une portée de batterie suppose d'abandonner un réflexe acquis sur une portée mélodique : la position verticale d'une note n'y indique jamais une hauteur, elle désigne quelle pièce du kit frapper. Une clé neutre, deux barres verticales qui remplacent la clé de sol ou de fa, signale ce changement de règle dès le début de la ligne. Une convention aujourd'hui largement partagée, formalisée par la Percussive Arts Society à partir de la fin des années 1970 puis prolongée par le batteur et pédagogue Norman Weinberg dans les années 1990 et 2000, fixe la position de chaque pièce : la grosse caisse en bas, la caisse claire au centre, les toms répartis du grave à l'aigu en suivant leur propre hauteur relative, la ride sur la ligne du haut de la portée, le charleston et le crash au-dessus. Une tête de note en croix plutôt qu'ovale signale une cymbale quelle que soit sa position exacte, et les symboles + et o précisent si le charleston sonne fermé ou laissé ouvert. La direction de la hampe, vers le haut pour ce que jouent les mains, vers le bas pour ce que joue le pied, permet de lire d'un coup d'œil deux voix indépendantes qui tombent au même instant sans les confondre. Une ghost note s'écrit avec sa tête de note entre parenthèses, un accent avec un chevron au-dessus ou en dessous de la note, un flam avec une seule petite note d'agrément avant la note principale, un drag avec deux, et un roulement avec des barres de trémolo sur la hampe ou la lettre z pour un roulement buzz. Une fois ces conventions posées, déchiffrer un motif ou en transcrire un que l'on joue ou que l'on entend devient un exercice mécanique de lecture, pas une devinette.
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Une portée, une clé différente : ce que change la clé neutre

Ce guide part du principe que la portée elle-même (les cinq lignes, les quatre interlignes), les valeurs de note (ronde, blanche, noire, croche, double-croche), leurs silences, le point et la liaison sont déjà familiers : un autre guide du Music Hub couvre ce socle en détail pour la notation mélodique classique, et il n'y a pas besoin d'y revenir ici. Ce qui change quand cette même portée sert à noter un motif de batterie tient en une substitution unique, mais elle renverse la logique de lecture : la clé de sol ou la clé de fa cède la place à une clé neutre, aussi appelée clé de percussion, formée de deux barres verticales parallèles qui s'étendent de la deuxième ligne en partant du bas jusqu'à la deuxième ligne en partant du haut de la portée. Cette clé ne fixe aucune hauteur sur aucune ligne : elle annonce au contraire qu'aucune ligne de cette portée n'en fixera une, et qu'il faut lire la portée avec une grille de correspondance entièrement différente.

Sur une portée mélodique, la position verticale d'une note résout à elle seule sa hauteur exacte, comme le détaille le guide consacré aux clés de sol et de fa. Sur une portée de batterie, cette même position verticale résout une question différente : quelle pièce du kit frapper. La grosse caisse, la caisse claire, chaque tom, le charleston, la ride, le crash reçoivent chacun une position fixe sur la portée, et c'est cette position, pas une hauteur sonore mesurable, qui distingue un instrument d'un autre à la lecture. Un motif de batterie empile souvent plusieurs pièces du kit sur un même temps sans qu'aucune d'elles ne soit plus aiguë ou plus grave au sens harmonique du terme, même si la position verticale la plus haute reste conventionnellement réservée aux pièces elles-mêmes les plus aiguës à l'oreille, un choix qui n'a rien d'arbitraire et que la section suivante détaille.

Cette substitution de clé n'est pas une fantaisie graphique : rien dans la portée ordinaire ne prévoyait ce cas d'usage, et il a fallu l'inventer puis la diffuser pour de bon. Longtemps, chaque éditeur, chaque professeur, chaque batteur de studio a bricolé sa propre convention de position sur la portée, ce qui rendait une partition de batterie illisible d'un cahier à l'autre sans une légende dédiée, souvent imprimée en tête de partition pour lever toute ambiguïté avant la première mesure. Cette légende, souvent appelée clé de batterie ou drum key, reste d'ailleurs encore aujourd'hui une prudence fréquente chez de nombreux éditeurs, précisément parce que la convention détaillée dans ce guide, bien qu'elle soit largement partagée, n'a jamais eu la force d'une norme gravée dans le marbre.

Une convention née d'un besoin réel : où et quand elle s'est fixée

Le besoin d'harmoniser la notation batterie ne date pas d'hier, et il est documenté. Dès 1978, un article publié dans la revue Percussionist rend compte des travaux du comité Notation and Terminology de la Percussive Arts Society (PAS), la principale association professionnelle de percussionnistes aux États-Unis, un comité alors présidé par Frank McCarty : il s'attaque frontalement à l'écart grandissant entre la diversité des kits modernes et l'absence de norme partagée pour les noter. Le chantier se poursuit ensuite à l'intérieur même de la PAS : en 1994, le batteur et pédagogue Norman Weinberg publie dans la revue de l'association, Percussive Notes, un premier jeu de lignes directrices consacré spécifiquement à la portée de batterie. Ce travail débouche en 2002 sur un ouvrage de référence à part entière, le Guide to Standardized Drumset Notation de Weinberg, qui rassemble et formalise l'ensemble de la convention (position des instruments, forme des têtes de note, symboles d'articulation) dans un seul document. Ce guide a depuis été repris par la PAS elle-même comme référence officielle, et ses conventions sont aujourd'hui directement intégrées aux logiciels de notation les plus utilisés, Finale, Sibelius et Dorico, ce qui explique pourquoi une partition de batterie générée par ordinateur ressemble, d'un logiciel à l'autre, à celle qu'imprime un éditeur.

La PAS n'en était pas à son coup d'essai en matière de standardisation : elle avait déjà, en 1984, adopté une liste officielle de 40 rudiments internationaux de caisse claire, incluant notamment les flams, les drags et les différents types de roulements détaillés plus loin dans ce guide. Cette double standardisation, celle des rudiments eux-mêmes et celle de leur notation, explique pourquoi un flam ou un drag s'écrit aujourd'hui de façon quasi identique, que la partition vienne d'un manuel pédagogique américain, d'une édition française ou d'un logiciel de notation.

Cette convention reste malgré tout une recommandation largement suivie plutôt qu'une règle absolue gravée dans une norme internationale contraignante, à la différence de la portée mélodique elle-même, stabilisée depuis des siècles. Elle peut donc varier sur des détails précis d'un éditeur à l'autre, en particulier pour des pièces plus rares du kit (china, splash, cloche) ou pour des articulations composées comme le cross-stick détaillé plus loin. C'est ce qui explique pourquoi tant de partitions de batterie imprimées font encore précéder la première mesure d'une petite légende, la clé ou drum key mentionnée plus haut, qui lève toute ambiguïté propre à cette édition précise avant de commencer à lire.

La convention de placement : où va chaque pièce du kit

Une fois la clé neutre posée, la convention issue des travaux de la PAS et du guide de Weinberg répartit les pièces d'un kit standard du grave à l'aigu, de bas en haut de la portée, en suivant un principe simple : la hauteur relative réelle de chaque fût, aussi imprécise soit-elle comparée à une note de musique, se retrouve reflétée dans sa position verticale sur la portée, exactement comme elle le serait sur une portée mélodique. La grosse caisse, la pièce la plus grave du kit, occupe l'espace tout en bas de la portée. La caisse claire, dont le timbre sec et tranchant sert de repère à l'oreille (un rôle détaillé pour lui-même dans le guide du hub consacré à la construction d'un groove), se loge au centre de la portée, dans le troisième interligne en partant du bas, juste au-dessus de la ligne médiane. Les toms se répartissent sur le reste de la portée en suivant leur propre hauteur : le tom basse (floor tom), le plus grave des toms, prend place juste au-dessus de la grosse caisse ; les toms médium et aigu montent ensuite vers le haut de la portée à mesure que leur propre hauteur réelle monte.

La convention de placement sur la portée de batterie, de la position la plus basse à la plus haute
Pièce du kitPosition sur la portéeForme de la tête de noteJoué par
Charleston au pied (foot chick)Dans l'espace juste en dessous de la portéeCroix (x)Pied gauche
Grosse caisseEspace du bas de la portéeOvale pleinePied droit
Tom basse (floor tom)Première ligne ou deuxième espace en partant du basOvale pleineMain
Caisse claireTroisième interligne, juste au-dessus de la ligne médianeOvale pleine (croix pour le cross-stick)Main
Tom médiumQuatrième ligne environOvale pleineMain
Tom aigu (high tom)Dernier interligne en haut de la portéeOvale pleineMain
RideSur la ligne du haut de la portée (cinquième ligne)Croix (x)Main
Charleston (au stick)Dans l'espace juste au-dessus de la portéeCroix (x)Main
CrashAu sommet de la portée ou sur une ligne supplémentaire au-dessusCroix (x)Main

Cette logique, position basse pour un son grave et position haute pour un son aigu, permet à un batteur de déchiffrer un kit qu'il n'a jamais joué sans avoir à mémoriser une légende arbitraire à chaque nouvelle partition : l'œil anticipe correctement qu'une note plus haute sur la portée correspond à une pièce physiquement plus aiguë, même si, à la différence d'une portée mélodique, aucun intervalle précis (tierce, quinte) ne sépare ces positions. Deux toms montés côte à côte sur la portée n'indiquent jamais un rapport d'intervalle mesurable entre eux, seulement un rapport d'ordre : celui du haut sonne plus aigu que celui du bas, sans qu'aucun chiffre ne quantifie l'écart.

Le nombre exact de toms, et donc le nombre de positions qu'ils occupent réellement, varie d'un kit à l'autre : un kit à un seul tom n'utilise qu'une position, un kit à quatre ou cinq toms en occupe autant. C'est précisément cette variabilité, combinée à l'absence d'une norme aussi contraignante que celle de la portée mélodique évoquée plus haut, qui justifie la présence si fréquente d'une légende en tête de partition : elle précise, kit par kit, à quelle pièce exacte correspond chaque position quand la configuration s'éloigne du kit standard sur lequel se base la convention générale.

La tête de note en croix : comment les cymbales se distinguent au premier regard

La position sur la portée ne suffit pas toujours à distinguer deux pièces du kit d'un simple coup d'œil, en particulier pour un lecteur encore peu familier de la convention détaillée plus haut. La notation batterie ajoute donc un second niveau de codage, indépendant de la position : la forme de la tête de note elle-même. Un fût, qu'il s'agisse de la grosse caisse, de la caisse claire ou d'un tom, garde la tête de note ovale et pleine héritée de la notation mélodique classique. Une cymbale, en revanche, qu'il s'agisse du charleston, de la ride ou du crash, remplace cette ellipse par une croix, un x dessiné directement sur la ligne ou dans l'interligne qui lui correspond.

Ce choix graphique n'est pas arbitraire : une cymbale ne produit pas une attaque nette et une résonance courte comme un fût, mais un son beaucoup plus diffus, riche en fréquences non harmoniques, qui se prête mal à la même tête de note ronde utilisée pour un fût à l'attaque sèche. La croix fonctionne comme un signal redondant et volontaire : même un lecteur qui hésiterait encore sur la position exacte d'une ligne reconnaît instantanément, à la seule forme de la tête de note, qu'il a affaire à une cymbale plutôt qu'à un fût, avant même d'avoir identifié laquelle. Cette redondance entre position et forme est un principe de lisibilité que la convention réutilise ailleurs, par exemple pour le cross-stick détaillé plus loin dans ce guide, qui emprunte lui aussi la croix tout en la plaçant sur la ligne de la caisse claire plutôt qu'au-dessus de la portée.

Le charleston et la ride occupent une zone voisine à la jonction du haut de la portée : la ride se pose sur la ligne du haut de la portée elle-même, la cinquième ligne, tandis que le charleston au stick se loge juste au-dessus, dans l'espace qui suit cette ligne, ce qui peut prêter à confusion pour un lecteur pressé : la distinction se fait alors autant par le contexte rythmique, le charleston déroule le plus souvent une subdivision continue et la ride le remplace pour ce même rôle plutôt que de s'y ajouter, une répartition des rôles que le guide du hub sur la construction d'un groove détaille pour elle-même, que par la position exacte. Cela renforce encore l'intérêt de la légende en tête de partition évoquée plus haut dès qu'une partition mélange les deux voix de façon inhabituelle.

Le charleston ouvert, fermé, au pied : les symboles + et o

Le charleston ne se limite pas à une seule position sur la portée : sa sonorité change radicalement selon que les deux cymbales qui le composent restent serrées l'une contre l'autre ou qu'elles s'écartent, et la notation doit rendre compte de cette différence sans multiplier les positions. La convention règle ce problème par deux petits symboles placés au-dessus de la tête de note en croix plutôt que par une nouvelle position. Un signe plus (+) au-dessus de la note indique un charleston fermé, les deux cymbales serrées l'une contre l'autre au moment de la frappe, pour un son court et sec. Un o au-dessus de la note indique au contraire un charleston ouvert, les deux cymbales écartées, laissées à vibrer et à se répondre l'une l'autre pour un son plus long et plus diffus. Un o traversé d'un petit trait diagonal signale une position intermédiaire, le charleston à demi ouvert, moins fréquente mais bien présente dans certains styles.

Un détail économise beaucoup d'encre et beaucoup de lecture : ces symboles ne se répètent pas à chaque note. Une fois qu'un o apparaît au-dessus d'une note de charleston, toutes les notes suivantes restent ouvertes jusqu'à ce qu'un nouveau symbole, en général un + refermant le charleston, vienne changer l'instruction. Un motif entier peut donc ne porter qu'un seul o à son tout début si le charleston reste ouvert jusqu'à la fin, ce qui rend d'autant plus important de repérer le dernier symbole rencontré avant de jouer une note dont la tête ne porte, elle, aucune marque.

Le charleston se joue aussi entièrement au pied, sans qu'aucune baguette ne touche la cymbale : la pédale referme et rouvre les deux cymbales l'une contre l'autre pour produire un petit clac sec, souvent appelé foot chick. Cette frappe au pied s'écrit avec sa propre tête de note en croix, mais placée cette fois dans l'espace juste en dessous de la portée plutôt qu'au-dessus : cette position signale à elle seule qu'il s'agit du pied gauche et non d'une frappe à la baguette, sans qu'aucun symbole + ou o supplémentaire ne soit nécessaire, puisqu'un charleston fermé au pied est de très loin le cas le plus courant.

Superposer les voix : la direction des hampes entre mains et pieds

Un motif de batterie fait presque toujours jouer plusieurs pièces du kit au même instant : un coup de grosse caisse tombe souvent exactement sous un coup de charleston, un accent de caisse claire peut coïncider avec une cymbale crash. La portée doit alors empiler, sur un seul temps, plusieurs notes à des positions verticales différentes, une situation que la notation mélodique classique connaît aussi mais que la batterie rencontre en permanence plutôt qu'occasionnellement. La convention règle cette lecture verticale par la direction de la hampe, la tige qui part de chaque tête de note.

La règle la plus largement suivie sépare les pièces jouées à la main de celles jouées au pied : tout ce qui se joue avec les baguettes (caisse claire, toms, charleston, ride, crash) porte une hampe dirigée vers le haut ; tout ce qui se joue au pied (grosse caisse et charleston au pied) porte une hampe dirigée vers le bas, quelle que soit sa position sur la portée. Cette séparation n'est pas qu'une convention graphique arbitraire : elle donne à voir, d'un seul regard, deux couches rythmiques indépendantes qui se superposent, celle des mains et celle des pieds, exactement le type d'indépendance dont un autre guide du hub détaille la construction et l'acquisition. Sur un même temps, un lecteur repère ainsi immédiatement ce que font les pieds en cherchant les hampes basses, et ce que font les mains en cherchant les hampes hautes, sans avoir à trier les notes une par une par position.

Quand deux notes jouées à la main tombent exactement au même instant, par exemple le charleston et la caisse claire sur le même temps, elles partagent en général une seule et même hampe verticale reliant leurs deux têtes de note à des hauteurs différentes : une seule tige, deux têtes de note à des positions distinctes sur cette tige, se lit alors comme deux frappes strictement simultanées plutôt que comme une seule note ambiguë. Cette lecture verticale, tête par tête sur une même hampe, est ce qui permet de déchiffrer un empilement de trois ou quatre voix sur un seul temps sans jamais avoir à deviner l'ordre dans lequel elles tombent : elles tombent toutes exactement ensemble, et seule leur position verticale respective indique quelle pièce joue quoi.

Cette convention, hampe haute pour les mains et hampe basse pour les pieds, reste elle aussi une recommandation plutôt qu'une règle universelle : une partie de la notation batterie plus récente, en particulier dans les logiciels et certaines éditions modernes, choisit de diriger toutes les hampes vers le haut par souci de lisibilité visuelle uniforme, quitte à perdre cette distinction immédiate entre mains et pieds. Un lecteur qui rencontre une partition où la grosse caisse porte, elle aussi, une hampe vers le haut n'est donc pas face à une erreur, seulement face à une autre convention d'édition, encore un signe que la standardisation de cette notation reste une recommandation largement suivie plutôt qu'une règle unique et absolue.

La subdivision à l'écrit : ce que montre le groupement en croches

Un autre guide du hub explique déjà ce que change une ligature entre les crochets d'un groupe de croches ou de doubles-croches sur une portée mélodique : plusieurs crochets isolés se rejoignent en une ou deux barres horizontales continues sans que la durée d'aucune note n'en soit changée. Sur une portée de batterie, ce même regroupement visuel remplit un rôle précis, directement lié à ce qu'un autre guide du hub appelle la subdivision, la grille de fond (croches, triolets, doubles-croches) sur laquelle se construit un groove : le groupement en croches ou en doubles-croches donne à voir cette subdivision sans qu'aucun mot n'ait besoin de la nommer.

Un motif de charleston noté en croches liées deux par deux annonce ainsi, avant même la première écoute, une subdivision binaire ; le même motif regroupé en triolets, trois croches réunies sous une même ligature avec le chiffre 3 au-dessus, annonce une subdivision ternaire, celle du shuffle ou du swing. Un lecteur qui repère ce regroupement avant de jouer la première note sait déjà, sans avoir eu besoin qu'on le lui précise en toutes lettres, sur quelle grille caler chaque frappe de grosse caisse ou de caisse claire placée entre deux croches de charleston.

Cette lecture du groupement prend toute son importance dès qu'un motif place une note ailleurs qu'exactement sur un temps plein, ce qui est la norme plutôt que l'exception dans un groove qui vaut la peine d'être noté : une croche de caisse claire logée entre deux croches de charleston ne se repère pas en comptant abstraitement, elle se repère en identifiant sa place précise à l'intérieur du groupe ligaturé auquel elle appartient, exactement comme le rappelle le guide du hub consacré au comptage d'une mesure pour la notation mélodique, appliqué ici à une grille rythmique plutôt qu'à une succession de hauteurs.

Ghost notes et accents : parenthèses et chevrons sur le papier

La dynamique d'un groove, l'écart de volume entre une frappe presque inaudible et un accent franc, un ressort déjà détaillé pour lui-même dans le guide du hub consacré à la construction d'un groove, doit elle aussi s'écrire sur la portée sans qu'aucune nouvelle position ni aucune nouvelle tête de note ne soit nécessaire. Deux symboles suffisent, placés directement sur ou autour de la note concernée.

Une ghost note s'écrit en plaçant sa tête de note entre parenthèses, une paire de petites courbes qui encadrent l'ellipse ou la croix habituelle sans en changer ni la position ni la forme. Cette parenthèse ne change rien à la durée de la note ni à sa place dans la mesure : une ghost note entre parenthèses occupe une case rythmique aussi précise qu'une note accentuée, et doit être comptée exactement de la même façon dans le total de temps de la mesure. Elle indique seulement une instruction de dynamique, jouer cette frappe à un volume très inférieur à celui des notes qui l'entourent, presque à la limite de l'audible, sans pour autant la supprimer de la partition ni de la pulsation.

Un accent s'écrit à l'inverse par un chevron, le symbole >, placé juste au-dessus ou juste en dessous de la tête de note selon la position de cette dernière sur la portée, une convention de placement identique à celle utilisée pour noter un accent sur n'importe quel autre instrument. Le chevron indique une frappe nettement plus appuyée que ses voisines, sans préciser de volume absolu : c'est le contraste avec le reste de la ligne, ghost notes comprises, qui donne son relief à l'accent, pas une valeur de volume fixée dans l'absolu.

Ces deux symboles se lisent presque toujours ensemble plutôt qu'isolément, parce qu'ils décrivent les deux extrémités d'une même échelle de dynamique : un motif de caisse claire qui alterne parenthèses et chevrons sur une même ligne de croches ou de doubles-croches donne à voir, avant même la première écoute, exactement où se trouvent les creux et les reliefs du groove, une information que la seule succession des notes, sans ces deux symboles, ne pourrait pas transmettre.

Cross-stick et articulations particulières : la limite de la standardisation

Toutes les frappes d'un kit de batterie ne se laissent pas ranger aussi proprement dans la convention position plus tête de note détaillée plus haut. Le cross-stick, aussi appelé rim click ou side stick, en est l'exemple le plus courant : il consiste à poser le corps de la baguette à plat sur la peau de la caisse claire, le talon relevé au-dessus du cercle, et à frapper ce cercle avec le talon plutôt qu'avec la pointe de la baguette, pour un son sec et boisé très différent d'une frappe normale de caisse claire.

La convention la plus répandue note le cross-stick avec une tête en croix, la même que celle réservée aux cymbales ailleurs sur la portée, mais placée cette fois directement sur la ligne ou l'interligne habituel de la caisse claire plutôt qu'au-dessus de la portée. La position, au niveau de la caisse claire, associée à la forme, la croix habituellement réservée aux cymbales, suffit en général à signaler sans ambiguïté qu'il s'agit d'un cross-stick et non d'une frappe normale de caisse claire ou d'une cymbale égarée. C'est une des rares situations où la convention réutilise un même symbole graphique, la croix, pour deux significations différentes selon la position exacte sur la portée : une cymbale au-dessus, un cross-stick au niveau de la caisse claire.

Cette notation du cross-stick reste, plus que la plupart des autres symboles détaillés dans ce guide, une zone où l'uniformité entre éditeurs demeure imparfaite : certaines partitions préfèrent une tête en losange, d'autres ajoutent la mention explicite x-stick ou rim click au-dessus de la première occurrence plutôt que de se fier au seul symbole graphique, par prudence. C'est précisément le genre de détail que la légende en tête de partition, mentionnée plus haut dans ce guide, existe pour lever avant la première mesure : un cross-stick mal identifié à la première lecture, confondu par exemple avec un accent de caisse claire ordinaire, produit un son radicalement différent de celui voulu par la partition, alors qu'une frappe de grosse caisse mal comptée d'un seul temps se remarque en général beaucoup plus vite à l'oreille.

Flams, drags et rolls : les ornements et les roulements

Trois figures ornementales, elles aussi standardisées par la Percussive Arts Society dans sa liste de 40 rudiments internationaux adoptée en 1984, complètent le vocabulaire graphique d'une portée de batterie : le flam, le drag et le roulement. Les deux premières s'écrivent par un principe commun, une ou plusieurs petites notes d'agrément (des notes miniatures, sans hampe pleine ni valeur rythmique propre, rattachées à la note principale par un petit trait) placées juste avant la note qu'elles ornent.

Un flam s'écrit avec une seule note d'agrément avant la note principale : à l'exécution, une main frappe cette petite note d'agrément une fraction de seconde avant que l'autre main ne frappe la note principale, presque en même temps mais pas tout à fait, ce qui produit un son plus épais et plus large qu'une frappe unique, sans devenir pour autant deux sons clairement séparés à l'oreille. Un drag, parfois appelé ruff, reprend exactement le même principe avec deux notes d'agrément au lieu d'une, en général reliées entre elles par leur propre petite ligature : les deux notes d'agrément se jouent en un double rebond très rapide d'une seule main juste avant que l'autre main ne frappe la note principale.

Le roulement se note différemment, sans notes d'agrément séparées : une ou plusieurs barres obliques traversent directement la hampe de la note principale, un symbole appelé trémolo, hérité de la notation mélodique générale où il indique déjà une répétition rapide d'une même note. Le nombre de barres précise la densité de la subdivision demandée à l'intérieur de la valeur de cette note, une barre pour une subdivision plus large, deux ou trois pour une subdivision de plus en plus resserrée, à charge pour le batteur de la réaliser en alternant les mains ou en double-rebond selon le contexte et l'indication qui accompagne souvent la partition. Une lettre z couchée sur la hampe, plutôt que des barres droites, signale un cas particulier : le roulement dit buzz roll ou press roll, où chaque main produit non pas des frappes nettes séparées mais plusieurs rebonds continus quasi fondus les uns dans les autres, pour un son beaucoup plus dense et continu qu'un roulement à barres classiques. Dans les deux cas, une liaison rejoint souvent la tête de la note de roulement à une seconde tête de note identique qui referme la figure, pour signaler que le roulement doit être tenu jusqu'au bout de la valeur écrite plutôt que relâché avant.

Les symboles spéciaux de la notation batterie, au-delà de la position et de la tête de note
SymboleCe qu'il indiqueOù il se place
Tête de note entre parenthèsesGhost note : frappe très discrète, presque inaudibleDirectement sur la tête de note concernée
Chevron (>)Accent : frappe nettement plus appuyée que ses voisinesJuste au-dessus ou en dessous de la tête de note
Une petite note d'agrément avant la note principaleFlam : deux mains presque simultanées, un son plus épaisCollée juste avant la note principale
Deux petites notes d'agrément avant la note principaleDrag ou ruff : un double rebond avant la note principaleCollées juste avant la note principale
1 à 3 barres obliques sur la hampeRoulement à subdivision mesurée (plus de barres = subdivision plus dense)Sur la hampe de la note principale
Lettre z sur la hampeRoulement buzz ou press roll, rebonds continusSur la hampe de la note principale
Tête de note en croix sur la ligne de caisse claireCross-stick (rim click) : son sec et boisé frappé au cercleLigne ou interligne habituel de la caisse claire
Signe + au-dessus de la noteCharleston fermé : son court et secAu-dessus de la tête de note en croix
Signe o au-dessus de la noteCharleston ouvert : son long et diffus, valable jusqu'au symbole suivantAu-dessus de la tête de note en croix

Ces figures se ressemblent suffisamment à la première lecture, une ou deux petites notes contre des barres sur la hampe, pour qu'une confusion reste fréquente chez un lecteur encore peu entraîné ; le tableau ci-dessus les distingue les unes des autres, aux côtés des autres symboles spéciaux déjà détaillés dans ce guide, pour servir de mémo rapide plutôt que de lecture linéaire.

Lire un motif complet, puis écrire le sien

Toutes les conventions détaillées plus haut (position, tête de note, symboles d'articulation, direction de hampe) ne prennent tout leur sens qu'une fois appliquées ensemble sur une mesure complète. Le tableau suivant décompose un motif d'exemple générique, construit uniquement pour illustrer la lecture et sans référence à un morceau précis, sur une mesure à quatre temps subdivisée en croches, huit positions rythmiques en tout.

Un motif d'exemple générique compté en croches sur une mesure à quatre temps
Position rythmiqueCharlestonCaisse claireGrosse caisse
1Fermé (+)Frappe
etFermé (+)
2Fermé (+)Accent (backbeat) >
etFermé (+)Ghost note (parenthèses)
3Fermé (+)
etFermé (+)Frappe
4Fermé (+)Accent (backbeat) >
etOuvert (o)Ghost note (parenthèses)

Ce tableau se lit colonne par colonne plutôt que ligne par ligne pour retrouver ce que fait chaque main ou chaque pied à un instant donné : sur le premier temps, le charleston et la grosse caisse tombent ensemble, une hampe vers le haut pour le charleston et une hampe vers le bas pour la grosse caisse sur ce même instant, exactement la lecture verticale détaillée plus haut dans ce guide. La ghost note logée sur le contretemps du deuxième temps occupe sa propre case rythmique au même titre que n'importe quelle autre note, même si elle reste presque inaudible à l'exécution : l'omettre romprait le compte de la mesure aussi sûrement que l'omission d'un silence sur une portée mélodique, un réflexe de vérification déjà détaillé pour la notation mélodique dans un autre guide du hub et qui s'applique ici à l'identique, case par case plutôt que temps par temps.

Écrire soi-même un motif que l'on joue ou que l'on entend, plutôt que d'en déchiffrer un déjà imprimé, suit le chemin inverse de cette lecture, mais dans un ordre précis qui évite le plus d'erreurs possible. La première décision porte sur la subdivision (croches, triolets ou doubles-croches) : elle fixe la grille de fond avant même de poser une seule note, exactement comme le rappelle le guide du hub consacré à la construction d'un groove pour le choix musical qui précède cette décision graphique. Une fois la grille choisie, l'étape suivante consiste à placer la voix la plus continue, en général le charleston ou la ride, sur chacune de ses positions le long de cette grille : c'est elle qui, une fois posée, sert de repère visuel pour placer tout le reste.

Vient ensuite la caisse claire, le plus souvent sur les temps qui portent le backbeat déjà détaillé pour lui-même dans le guide du hub sur la construction d'un groove, suivie de la grosse caisse, dont la position exacte se décide en écoutant ou en imaginant la ligne de basse qui l'accompagne. Les ghost notes et les accents s'ajoutent en dernier, une fois le squelette rythmique posé, en veillant à ce que chacun occupe une case précise de la grille plutôt qu'une position approximative entre deux temps. Une dernière vérification, reprise directement de la méthode de comptage d'une mesure déjà détaillée dans le guide du hub sur la portée mélodique, referme l'exercice : additionner la valeur de chaque note et de chaque silence de la mesure, ghost notes comprises pour leur position mais pas pour leur durée puisqu'elles n'en ajoutent aucune au compte total, jusqu'à retomber juste sur le total de temps attendu. Une mesure qui ne tombe pas juste signale une erreur de transcription avant même la première répétition, exactement comme sur n'importe quelle autre portée.

Pièges classiques à éviter

PiègeLire la position verticale d'une note de batterie comme un indicateur de hauteur relative comparable à un intervalle mélodique (croire qu'une note plus haute sonne « plus aiguë » d'un écart mesurable, comme une tierce ou une quinte).

Pourquoi — La portée garde son apparence habituelle, cinq lignes et quatre interlignes, ce qui pousse le réflexe acquis sur la notation mélodique à chercher un intervalle entre deux positions, alors qu'aucun intervalle mesurable n'existe entre deux pièces d'un kit : seule la clé neutre en tête de portée change la règle du jeu.

La bonne pratique : Se rappeler qu'une position plus haute signale seulement une pièce physiquement plus aiguë à l'oreille, jamais un intervalle chiffrable : deux toms voisins sur la portée indiquent un rapport d'ordre (plus aigu, plus grave), jamais un rapport de hauteur précis comme le ferait une tierce ou une quinte sur une portée mélodique.

PiègeConfondre le cross-stick (tête en croix sur la ligne de caisse claire) avec une cymbale (tête en croix ailleurs sur la portée : sur la ligne du haut pour la ride, au-dessus pour le charleston et le crash) parce que la forme du symbole est strictement identique.

Pourquoi — La convention réutilise volontairement le même symbole graphique, la croix, pour deux significations différentes, en s'appuyant sur la position plutôt que sur la forme pour trancher entre les deux : une lecture rapide qui ne vérifie que la forme de la tête de note tombe régulièrement dans ce piège.

La bonne pratique : Vérifier systématiquement la position avant la forme : une croix sur la ligne ou l'interligne habituel de la caisse claire se lit comme un cross-stick ; une croix ailleurs sur la portée, sur la ligne du haut pour la ride ou au-dessus pour le charleston et le crash, se lit comme une cymbale, quelle que soit la ressemblance du symbole lui-même.

PiègeOublier que le symbole + ou o du charleston reste valable tant qu'aucun nouveau symbole ne vient le changer, et jouer fermé ou ouvert au hasard sur les notes qui n'en portent aucun.

Pourquoi — Comme le symbole ne se répète pas à chaque note pour ne pas surcharger la partition, une lecture qui saute une mesure, revient en arrière ou reprend après une reprise perd facilement la trace du dernier symbole réellement rencontré avant la note en cours.

La bonne pratique : Remonter au symbole le plus récent avant la note lue plutôt que de supposer un état par défaut (fermé par habitude), en particulier après un retour au début d'une section, une reprise ou un changement de page.

PiègeTraiter les barres de trémolo ou la lettre z sur la hampe comme une décoration graphique et jouer une seule note simple à la place du roulement demandé.

Pourquoi — Contrairement aux autres symboles de ce guide, les barres de trémolo ne touchent ni la tête de note ni sa position, seulement la hampe, ce qui les rend faciles à manquer à une lecture rapide, surtout sur une note déjà chargée d'un accent, d'un point ou d'une liaison.

La bonne pratique : Balayer systématiquement la hampe de chaque note avant de la jouer, pas seulement sa tête, en particulier sur les notes tenues plus longtemps qu'une croche, là où un roulement a le plus de chances d'apparaître.

PiègeEscamoter mentalement une ghost note entre parenthèses parce qu'elle est presque inaudible, et donc la placer approximativement dans la mesure plutôt que sur sa case rythmique exacte.

Pourquoi — La parenthèse informe sur le volume, pas sur la durée ni sur la position : une ghost note occupe une case de la subdivision aussi précise que n'importe quelle note accentuée, mais sa faible intensité pousse à la traiter, à tort, comme un détail approximatif plutôt que comme une note à part entière.

La bonne pratique : Compter la mesure exactement comme le rappelle la méthode de comptage d'une portée mélodique, ghost notes comprises dans le total des positions occupées, avant de se soucier de leur volume d'exécution.

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Questions fréquentes

Pourquoi la position d'une note sur une portée de batterie n'indique-t-elle pas une hauteur, contrairement à une portée mélodique ?

Parce qu'une clé neutre, deux barres verticales parallèles qui remplacent la clé de sol ou de fa, ouvre la portée : elle annonce qu'aucune ligne ni aucun interligne ne fixera de hauteur sur cette portée. La position verticale y répond à une question différente, quelle pièce du kit frapper, une convention formalisée par la Percussive Arts Society à partir de la fin des années 1970 et prolongée par le batteur Norman Weinberg dans les années 1990 et 2000.

Comment savoir sur quelle ligne ou quel interligne se place chaque pièce du kit ?

Une convention largement partagée répartit les pièces du grave à l'aigu, de bas en haut de la portée : la grosse caisse dans l'espace du bas, la caisse claire au centre, les toms répartis au-dessus en suivant leur propre hauteur, puis la ride sur la ligne du haut de la portée, le charleston juste au-dessus et le crash plus haut encore, sur une ligne supplémentaire. Ce n'est toutefois pas une norme aussi contraignante qu'une clé de sol : le nombre de toms varie d'un kit à l'autre, ce qui explique pourquoi tant de partitions font précéder la première mesure d'une légende (une clé de batterie ou drum key) qui précise la correspondance exacte pour cette édition.

Pourquoi les cymbales s'écrivent-elles avec une tête de note en croix plutôt qu'une tête ovale ?

La croix fonctionne comme un signal redondant avec la position : une cymbale produit un son diffus, riche en fréquences non harmoniques, très différent de l'attaque nette d'un fût, et la notation marque cette différence de nature en changeant la forme de la tête de note plutôt qu'en misant sur la seule position. Un lecteur reconnaît ainsi instantanément qu'il a affaire à une cymbale avant même d'avoir identifié laquelle.

Comment distinguer un charleston ouvert d'un charleston fermé à l'écrit ?

Un signe + au-dessus de la note de charleston indique un charleston fermé, les deux cymbales serrées pour un son court ; un o au-dessus de la note indique un charleston ouvert, les cymbales écartées pour un son long et diffus. Ce symbole reste valable pour toutes les notes suivantes jusqu'à ce qu'un nouveau symbole vienne le changer, ce qui veut dire qu'un charleston resté ouvert plusieurs mesures ne porte parfois qu'un seul o à son tout début.

Comment lire plusieurs notes qui tombent exactement au même instant sur des voix différentes ?

La direction de la hampe sépare ce que jouent les mains de ce que joue le pied : hampe vers le haut pour la caisse claire, les toms et les cymbales, hampe vers le bas pour la grosse caisse et le charleston au pied, quelle que soit leur position sur la portée. Deux notes jouées à la main au même instant partagent en général une seule hampe reliant leurs deux têtes de note, ce qui permet de lire un empilement de plusieurs voix sans jamais avoir à deviner leur ordre : elles tombent toutes exactement ensemble.

Qu'est-ce qu'une ghost note sur le papier, et comment la repérer d'un coup d'œil ?

Une ghost note s'écrit avec sa tête de note placée entre parenthèses, sans que sa position ni sa durée ne changent. La parenthèse indique seulement une instruction de dynamique, jouer cette frappe presque inaudible, mais la note continue d'occuper une case rythmique précise dans la mesure et doit être comptée exactement comme n'importe quelle autre note, un détail facile à oublier tant sa faible intensité pousse à la traiter comme secondaire.

Quelle est la différence entre un flam et un drag à l'écrit ?

Un flam s'écrit avec une seule petite note d'agrément juste avant la note principale : une main la frappe une fraction de seconde avant que l'autre ne frappe la note principale, pour un son plus épais qu'une frappe unique. Un drag, parfois appelé ruff, reprend le même principe avec deux notes d'agrément au lieu d'une, jouées en un double rebond rapide d'une seule main juste avant la note principale. Les deux figures font partie des 40 rudiments internationaux standardisés par la Percussive Arts Society en 1984.

Comment savoir combien de temps doit durer un roulement noté par des barres sur la hampe ?

Le roulement s'écrit avec une à trois barres obliques sur la hampe de la note principale, un symbole de trémolo hérité de la notation mélodique générale : plus il y a de barres, plus la subdivision demandée à l'intérieur de la valeur de la note est resserrée. Une lettre z sur la hampe, plutôt que des barres droites, signale un roulement buzz ou press roll, à base de rebonds continus plutôt que de frappes nettes séparées. Une liaison vers une seconde tête de note identique indique souvent que le roulement doit être tenu jusqu'au bout de la valeur écrite.

Existe-t-il un ouvrage de référence pour s'entraîner à lire ce type de notation une fois la convention comprise ?

Le plus cité reste Progressive Steps to Syncopation for the Modern Drummer, publié par le batteur et pédagogue Ted Reed en 1958. Conçu à l'origine comme support pour ses propres cours particuliers faute d'un manuel existant sur le sujet (Reed écrivait ses leçons la nuit, de minuit à quatre heures du matin, avant de les tester le lendemain sur ses élèves), il propose des centaines de lignes rythmiques à déchiffrer puis à répartir soi-même entre les pièces du kit, sans jamais imposer une seule façon de le faire. Le livre a été classé deuxième dans la liste des meilleurs ouvrages de batterie établie par le magazine Modern Drummer en 1993, et reste imprimé et utilisé dans l'enseignement aujourd'hui, plus de six décennies après sa première publication.