Maurisson Music Hub

Music HubGuidesTechnique instrumentale › Les accords faciles à l'ukulélé pour débuter

Guide débutant·20 min de lectureUkulélé

Les accords faciles à l'ukulélé pour débuter

L'ukulélé standard (soprano, concert, ténor) s'accorde Sol-Do-Mi-La, un accordage né à Hawaï à la fin du XIXe siècle à partir d'un petit instrument portugais de Madère, sans aucun rapport avec celui de la guitare. Sa corde de Sol est en général réentrante, accordée plus aigu que le Do voisin, ce qui donne à l'instrument son timbre clair et pétillant caractéristique. Un accord de Do, de Sol ou de La mineur porte le même nom qu'à la guitare mais se joue avec une forme totalement différente : impossible de recopier ses doigtés tels quels. Pour débuter, Do majeur et La mineur ne demandent chacun qu'un seul doigt, puis Fa majeur avec deux doigts, et Sol7 sert souvent de version plus compacte de Sol majeur le temps que la main se renforce. Cette prise en main rapide, avec des cordes nylon peu tendues, fait de l'ukulélé un excellent premier instrument, notamment pour un enfant.
Ouvrir le Music Hub →

L'accordage Sol-Do-Mi-La et la corde de Sol réentrante

L'ukulélé standard, qu'il soit soprano, concert ou ténor, s'accorde sur quatre cordes : Sol, Do, Mi, La, numérotées de la 4e à la 1re comme à la guitare. La corde la plus aiguë, la 1re, sonne La, exactement le La de référence à 440 Hz sur lequel s'accorde un orchestre ; la 3e corde sonne Do, le même Do central que celui qui se trouve au milieu d'un clavier de piano. Ces deux repères suffisent à situer l'ukulélé sur un piano si tu veux vérifier ton accordage à l'oreille.

Mais contrairement à la guitare, où les cordes vont de la plus grave à la plus aiguë dans l'ordre de leur numéro, la corde de Sol (la 4e) est en général accordée dans l'aigu, au-dessus du Do voisin : c'est ce qu'on appelle un accordage réentrant, ou high-G. À l'oreille, l'ordre réel des cordes du grave à l'aigu est donc Do, Mi, Sol, La, et non Sol, Do, Mi, La comme le suggère la numérotation. C'est ce qui donne à l'ukulélé son timbre clair et pétillant, très différent d'une petite guitare qui aurait juste rétréci.

Pour retenir l'ordre des cordes à vide, les professeurs d'ukulélé anglophones utilisent depuis longtemps une phrase mnémotechnique, My Dog Has Fleas, « mon chien a des puces » : chaque mot correspond à une corde, Sol-Do-Mi-La, chantée du grave à l'aigu telle qu'on la joue de gauche à droite sur l'instrument. Il existe aussi des jeux de cordes en Sol grave (low-G), qui rendent l'accordage linéaire comme à la guitare et donnent un registre plus grave à l'instrument, mais le Sol aigu réentrant reste de loin le standard sur la majorité des ukulélés vendus, et c'est celui que ce guide utilise partout.

Cette bizarrerie apparente n'est pas qu'un héritage historique dont on aurait hérité sans le vouloir : elle ouvre une possibilité musicale propre à l'ukulélé, la technique dite campanella, littéralement « petite cloche » en italien. Le principe consiste à jouer une mélodie en changeant de corde à chaque note plutôt qu'en glissant sur une seule corde, pour profiter du fait que deux cordes voisines, en accordage réentrant, ne sont parfois séparées que d'un ton. Chaque note laisse alors sonner la précédente encore un instant avant de s'éteindre, comme les cordes pincées d'une harpe, un effet de résonance impossible à obtenir de la même façon sur une guitare à l'accordage strictement linéaire.

Une histoire née à Madère : du machete portugais à l'ukulélé hawaïen

L'ukulélé n'est pas un instrument né à Hawaï de toutes pièces : il descend d'un petit instrument à cordes portugais, le machete, aussi appelé braguinha ou machete de Braga, du nom de la ville du nord du Portugal où on le trouve encore aujourd'hui. Cet instrument à quatre cordes appartient à la famille du cavaquinho, cousin portugais de la mandoline et du luth, lui-même issu des instruments à cordes pincées venus d'Europe et du Moyen-Orient. Un second instrument portugais, le rajão, à cinq cordes, aurait également influencé la forme et l'accordage du tout premier ukulélé, né d'un mélange des deux.

L'instrument arrive à Hawaï en 1879, porté par l'immigration portugaise venue en grande partie de l'archipel de Madère pour travailler dans les champs de canne à sucre. Trois immigrants originaires de Madère, arrivés cette année-là sur le navire Ravenscrag, sont considérés comme les premiers luthiers à avoir fabriqué et popularisé l'ukulélé sur l'île : Manuel Nunes, Augusto Dias et José do Espírito Santo. Les musiciens hawaïens locaux, qui jouaient déjà valses et mazurkas à la guitare espagnole, adoptent rapidement ce petit instrument facile à transporter et l'adaptent au goût musical de l'île.

Le nom « ukulélé » vient de l'hawaïen et signifie littéralement « puce sauteuse » : uku pour puce, lele pour sauter ou voler, une image qui décrirait le mouvement rapide des doigts sur les cordes en jouant. Une autre explication, attribuée à la reine Lili'uokalani elle-même, veut que le mot vienne plutôt de uku au sens de cadeau ou récompense et lele au sens d'arriver : « le cadeau qui est arrivé ici ». Les deux histoires cohabitent encore aujourd'hui, sans que l'une n'exclue vraiment l'autre, et racontent chacune à sa façon la rencontre de deux cultures qui a donné naissance à l'instrument.

De la cour royale de Kalākaua à la scène mondiale

L'ukulélé aurait pu rester un instrument communautaire parmi d'autres si la famille royale hawaïenne ne s'en était pas emparée. Le roi Kalākaua, surnommé le « Monarque joyeux », ainsi que son frère le prince Leleiohoku, sa sœur la princesse Likelike et la future reine Lili'uokalani, tous musiciens et compositeurs, se mettent à jouer de l'ukulélé et à l'intégrer aux cérémonies royales. Kalākaua encourage aussi l'enseignement de l'instrument dans les écoles hawaïennes, ce qui assure sa transmission aux générations suivantes plutôt qu'un simple engouement passager parmi les nouveaux arrivants portugais.

L'ukulélé quitte véritablement Hawaï en 1915, à l'occasion de l'Exposition universelle Panama-Pacifique de San Francisco. Un pavillon hawaïen y présente un quintette d'ukulélés qui devient l'attraction la plus commentée de la foire ; sur les 18,8 millions de visiteurs, une bonne partie découvre l'instrument à cette occasion. La mode gagne tout le pays dès l'automne 1915, et dès l'année suivante, les compositeurs de Tin Pan Alley, le quartier new-yorkais qui concentrait alors l'industrie de la chanson populaire américaine, publient des dizaines de titres à sonorité hawaïenne pour surfer sur l'engouement.

Les années 1920, en plein Jazz Age, marquent l'âge d'or américain de l'ukulélé : l'instrument s'installe dans les revues de vaudeville et les enregistrements grand public, porté par sa légèreté et sa facilité d'apprentissage comparée à la guitare ou au banjo, au point de devenir l'un des instruments favoris des amateurs qui apprennent seuls chez eux grâce aux nombreuses méthodes imprimées de l'époque. Depuis les années 1990, l'ukulélé connaît un nouveau regain d'intérêt à l'échelle mondiale, porté par quelques enregistrements devenus emblématiques et par la vidéo en ligne, qui a fait de lui l'un des instruments les plus filmés et partagés par les débutants de tous âges.

Pourquoi tu ne peux pas recopier tes accords de guitare

C'est le piège numéro un du guitariste qui attrape un ukulélé pour la première fois : il applique ses réflexes de guitare, et ça ne fonctionne pas. La raison tient tout entière à l'accordage. La guitare a six cordes accordées Mi-La-Ré-Sol-Si-Mi, l'ukulélé n'en a que quatre, accordées Sol-Do-Mi-La avec en plus la particularité réentrante décrite plus haut. Les intervalles entre les cordes ne sont pas les mêmes, donc la géométrie d'un accord sous les doigts change complètement, même quand l'accord porte le même nom.

Le détail le plus révélateur se cache dans l'ordre des cordes lui-même. Sur une guitare, chaque corde est plus grave que la précédente : l'oreille descend en continu de la corde de Mi aigu vers la corde de Mi grave, à une exception près entre Sol et Si. Sur un ukulélé en accordage réentrant, ce n'est même plus vrai : en partant de la corde de Sol, on descend d'abord vers le Do, puis on remonte vers le Mi et vers le La. L'ordre des cordes, du grave à l'aigu, n'est donc pas un simple décalage par rapport à la guitare, il n'est même pas linéaire. C'est cette rupture qui explique pourquoi aucune règle simple de transposition ne permet de convertir un accord de guitare en accord d'ukulélé : il faut réapprendre chaque forme depuis zéro.

Concrètement, un Do majeur à la guitare mobilise cinq cordes et plusieurs doigts ; à l'ukulélé, c'est un seul doigt posé sur la corde la plus aiguë. Un La mineur à la guitare utilise trois doigts sur plusieurs cordes ; à l'ukulélé, un seul doigt suffit aussi, mais pas au même endroit ni sur la même corde. Retiens ce principe : le nom de l'accord reste universel, il désigne toujours les mêmes notes en théorie, mais la forme sous les doigts appartient entièrement à l'instrument sur lequel tu joues.

Lire un diagramme d'accord et les formes de base sur les 4 cordes

Un accord d'ukulélé se lit sur un petit diagramme à quatre colonnes verticales, une par corde, dans l'ordre Sol, Do, Mi, La de gauche à droite exactement comme sur le manche face à toi. Un cercle vide au-dessus d'une colonne veut dire que la corde sonne à vide, sans aucun doigt posé ; un point plein placé sur une case indique où poser un doigt, et le chiffre à l'intérieur du point précise lequel : 1 pour l'index, 2 pour le majeur, 3 pour l'annulaire, 4 pour l'auriculaire.

Avec seulement quatre cordes, un accord d'ukulélé se limite presque toujours à un, deux ou trois doigts, rarement plus, ce qui explique pourquoi l'instrument permet de jouer un accord juste dès les toutes premières minutes. Le tableau ci-dessous détaille les cinq formes les plus utiles pour débuter, corde par corde.

Les 5 accords de base à l'ukulélé : positions sur les 4 cordes Sol-Do-Mi-La
AccordSol (corde 4)Do (corde 3)Mi (corde 2)La (corde 1)Doigts utilisés
Do majeur (C)à videà videà videcase 31 doigt : annulaire
La mineur (Am)case 2à videà videà vide1 doigt : majeur
Fa majeur (F)case 2à videcase 1à vide2 doigts : index + majeur
Sol7 (G7)à videcase 2case 1case 23 doigts : index + majeur + annulaire
Sol majeur (G)à videcase 2case 3case 23 doigts : index + majeur + annulaire

Ce tableau se lit comme le diagramme décrit plus haut : « à vide » signifie qu'aucun doigt ne touche cette corde, et « case » indique sur quelle frette poser le doigt. Remarque que Do majeur et La mineur, les deux accords les plus simples, n'utilisent chacun qu'une seule corde pressée : c'est cette économie de mouvement qui en fait le point de départ classique de tout apprenant, sur ukulélé comme sur n'importe quel instrument à cordes.

Les accords les plus faciles pour commencer

Do majeur est le tout premier accord à apprendre à l'ukulélé : un seul doigt, l'annulaire, posé sur la corde de La à la 3e case suffit à le faire sonner juste. La mineur vient juste après, lui aussi avec un seul doigt, le majeur cette fois, posé sur la corde de Sol à la 2e case. Enchaîner Do et La mineur est souvent la toute première chose qu'un débutant réussit à jouer, parfois dès la première séance.

Contrairement à des transitions plus confortables où un doigt reste en place d'un accord à l'autre, Do et La mineur ne partagent ni la même corde ni le même doigt : la difficulté de cette première transition est donc entièrement une question de vitesse de déplacement, pas de coordination entre plusieurs doigts qui bougent en même temps. C'est en réalité un excellent exercice pour démarrer, parce qu'il isole un seul problème à la fois, avant d'aborder des accords qui demandent de coordonner plusieurs doigts ensemble.

Fa majeur ajoute justement ce second doigt : index sur la corde de Mi à la 1re case, majeur sur la corde de Sol à la 2e case, et t'apprend à coordonner deux points d'appui en même temps. Sol majeur, en revanche, demande d'écarter trois doigts sur des cases différentes, index, majeur et annulaire, ce qui le rend nettement plus dur à placer proprement pour une main qui débute. Beaucoup de méthodes font donc jouer Sol7 à la place le temps que les doigts se renforcent et s'assouplissent : c'est un accord plus compact, avec moins d'écart entre les doigts, qui garde la même fonction harmonique de dominante avant de passer au véritable Sol majeur.

Un ordre d'apprentissage courant tient donc en cinq étapes : Do, La mineur, Fa, Sol7, puis Sol majeur, chaque accord ajoutant une seule difficulté nouvelle par rapport au précédent plutôt que de tout changer d'un coup. Avec ces cinq formes en poche, tu couvres déjà une bonne partie des chansons pop, folk et hawaïennes les plus jouées à l'ukulélé, exactement comme une poignée d'accords ouverts suffit à couvrir l'essentiel du répertoire à la guitare.

Ukulélé et guitare : ce qui change au-delà des accords

Au-delà des seuls accords, la guitare et l'ukulélé diffèrent sur presque tout ce qui touche à la mécanique de jeu. La longueur de corde vibrante, dite diapason, tourne autour de 65 centimètres sur une guitare classique, contre environ 33 centimètres sur un ukulélé soprano : les cases sont donc beaucoup plus rapprochées, ce qui demande moins d'écart entre les doigts mais aussi plus de précision, l'espace pour se tromper de case étant réduit d'autant. Les cordes en nylon de l'ukulélé, en plus d'être plus douces sous les doigts que l'acier, sont aussi beaucoup moins tendues : il faut sensiblement moins de force pour les plaquer contre une frette, ce qui compense en partie la précision supplémentaire demandée par des cases plus rapprochées.

La main droite change également de logique. Sur une guitare, on gratte ou on pince souvent avec un médiator, à bonne distance du chevalet pour un son ample. Sur un ukulélé, on joue presque toujours avec les doigts, pouce et index en tête, tout près de la rosace, dans un mouvement de poignet plus souple et plus rapide, hérité directement de la technique du machete portugais dont il descend. Le résultat sonore est logiquement plus discret : la petite caisse d'un ukulélé projette beaucoup moins qu'une guitare, ce qui en fait un instrument d'appartement ou de balade plutôt qu'un instrument taillé pour couvrir un groupe complet sans amplification.

Le capo, si utile à la guitare pour rester sur des formes d'accords faciles en changeant de tonalité, existe aussi en version miniature pour ukulélé et fonctionne exactement sur le même principe. Mais son intérêt y est moindre : la plupart des accords d'ukulélé se jouent déjà dans les trois premières cases, là où la guitare pousse plus vite vers des barrés inconfortables plus haut sur le manche. Cette compacité générale, ajoutée à un poids et un encombrement très inférieurs à ceux d'une guitare, explique pourquoi l'ukulélé s'est imposé comme l'instrument de voyage par excellence, celui qu'on glisse dans un sac plutôt que dans un étui rigide.

Le prix d'entrée suit la même logique : un ukulélé correct coûte en général nettement moins cher qu'une guitare correcte, la caisse et le manche demandant moins de matière première et de temps de fabrication. Pour un débutant qui hésite encore à investir dans un instrument, ou pour un parent qui équipe un enfant sans savoir s'il va persévérer, cet écart de prix pèse autant que la facilité de jeu dans la décision de commencer par l'ukulélé plutôt que par la guitare.

Un excellent premier instrument, notamment pour un enfant

L'ukulélé a quatre cordes en nylon, moins tendues que les cordes en acier d'une guitare, donc moins douloureuses sous les doigts au tout début, un vrai avantage tant que les callosités protectrices n'ont pas encore eu le temps de se former. Le manche est plus court et plus fin, ce qui convient particulièrement bien à une petite main : un enfant de sept ans tient déjà facilement un soprano, quand une guitare, même de taille réduite, reste souvent encombrante à cet âge. Et comme tu viens de le voir, les tout premiers accords ne demandent qu'un seul doigt, là où la guitare impose souvent deux ou trois doigts écartés dès les premiers accords.

Cette prise en main rapide veut dire qu'un enfant, ou n'importe quel grand débutant, peut jouer un vrai morceau dès les premières séances plutôt que de s'épuiser sur des barrés pendant des mois. C'est d'ailleurs pour ces mêmes raisons, coût réduit, apprentissage rapide, encombrement minime, que l'ukulélé s'est imposé depuis quelques décennies comme l'un des instruments les plus utilisés dans les programmes de musique des écoles primaires, aux États-Unis comme ailleurs, au point de concurrencer la flûte à bec dans certaines classes. C'est un écho direct, plus d'un siècle plus tard, à la politique du roi Kalākaua qui avait fait entrer l'ukulélé dans les écoles hawaïennes dès la fin du XIXe siècle.

Les réflexes acquis sur l'ukulélé, lire le nom d'un accord, changer d'accord en rythme, se transfèrent ensuite très bien vers la guitare ou le piano si tu veux élargir ton jeu plus tard.

Les tailles d'ukulélé : soprano, concert, ténor, baryton

Le soprano est le plus petit et le plus répandu, avec une longueur totale d'environ 53 cm pour un diapason, la portion de corde vibrante, d'environ 33 cm : c'est le son clair et pétillant le plus associé à l'ukulélé. Le concert grandit un peu, vers 58 cm de long pour un diapason de 38 cm, avec un peu plus d'espace entre les cases, souvent plus confortable pour des mains d'adulte : cette taille intermédiaire s'est développée dans les années 1920, quand des joueurs ont demandé un instrument un peu plus sonore que le soprano d'origine sans perdre son caractère. Le ténor va plus loin encore, autour de 66 cm de long pour un diapason de 43 cm, avec plus de sustain et un son plus rond, apprécié des musiciens qui en jouent au-delà des premiers mois. Ces trois tailles partagent le même accordage Sol-Do-Mi-La réentrant : seuls le confort, le volume et le sustain changent, pas les accords que tu apprends.

Le baryton, plus grand encore avec ses 74 à 76 cm de long, fait bande à part : il s'accorde Ré-Sol-Si-Mi, ce qui correspond exactement aux quatre cordes les plus aiguës d'une guitare, pas à l'accordage Sol-Do-Mi-La du reste de la famille ukulélé. Sa création remonte au tournant des années 1950 : le banjoïste Eddie Connors l'aurait conçu à la demande de l'animateur de radio et de télévision Arthur Godfrey, grand promoteur de l'ukulélé aux États-Unis, avant que le fabricant bostonien Vega ne le commercialise sous le nom d'Arthur Godfrey Baritone Ukulele De Luxe vers 1950. Le facteur de guitares Herk Favilla en aurait, de son côté, développé une version voisine et indépendante, pensée justement pour simplifier la transition d'un guitariste débutant vers un instrument à quatre cordes.

Les accords que tu apprends sur un soprano, un concert ou un ténor ne se jouent donc pas de la même façon sur un baryton. C'est justement ce qui rend le baryton attirant pour un guitariste : ses formes d'accords empruntent directement à celles de la guitare, à l'inverse du piège décrit plus haut pour les trois autres tailles, puisqu'il a été pensé dès l'origine comme un pont entre les deux instruments plutôt que comme une variation de plus sur l'accordage traditionnel hawaïen.

Pièges classiques à éviter

PiègeVouloir recopier ses accords de guitare sur l'ukulélé sans les réapprendre.

Pourquoi — La guitare a six cordes accordées Mi-La-Ré-Sol-Si-Mi, l'ukulélé n'en a que quatre, accordées Sol-Do-Mi-La avec en plus la particularité réentrante : les intervalles entre les cordes diffèrent, donc la forme d'un accord sous les doigts change complètement même quand il porte le même nom.

La bonne pratique : Réapprendre chaque accord depuis zéro sur l'ukulélé, en utilisant le nom de l'accord comme seul repère commun avec la guitare, jamais la forme physique des doigts.

PiègeCroire que la corde de Sol, qui sonne plus aigu que sa voisine, est mal accordée et vouloir la « corriger » en la descendant.

Pourquoi — L'accordage réentrant standard place volontairement la corde de Sol au-dessus de la corde de Do voisine, ce qui semble illogique quand on a l'habitude de l'ordre strictement croissant d'une guitare.

La bonne pratique : Faire confiance à un accordeur électronique qui affiche Sol sur cette corde et à l'accordage réentrant standard ; ne passer en Sol grave (low-G) que sciemment, avec un jeu de cordes prévu pour ce registre.

PiègeS'acharner sur Sol majeur dès les premières séances et se décourager.

Pourquoi — Sol majeur demande d'écarter trois doigts sur des cases différentes, une difficulté de placement nettement supérieure à celle de Do majeur ou La mineur, qui n'utilisent chacun qu'un seul doigt.

La bonne pratique : Passer par Sol7, une forme plus compacte avec la même fonction harmonique de dominante, le temps que la main gagne en force et en souplesse, avant de basculer vers le véritable Sol majeur.

PiègeAcheter un ukulélé baryton en pensant qu'il s'accorde et se joue comme les trois autres tailles.

Pourquoi — Le baryton s'accorde Ré-Sol-Si-Mi, comme les quatre cordes les plus aiguës d'une guitare, et non Sol-Do-Mi-La comme le soprano, le concert et le ténor : les accords appris sur ces trois tailles ne se transfèrent pas directement sur un baryton.

La bonne pratique : Vérifier l'accordage annoncé avant d'acheter ; pour rester dans la famille sonore Sol-Do-Mi-La classique, choisir un soprano, un concert ou un ténor, et réserver le baryton à qui vient déjà de la guitare.

PiègeS'inquiéter parce qu'un ukulélé neuf se désaccorde sans arrêt pendant les premiers jours.

Pourquoi — Les cordes en nylon s'étirent bien plus que les cordes en acier et mettent nettement plus longtemps à se stabiliser, parfois près de 48 heures de jeu cumulées contre à peine une heure ou deux pour des cordes en acier neuves : un ukulélé neuf se désaccorde donc plus vite et plus souvent qu'une guitare neuve, sans qu'il y ait le moindre défaut de fabrication.

La bonne pratique : Réaccorder l'instrument avant chaque session pendant la première semaine, en étirant doucement chaque corde à la main entre deux accordages pour accélérer sa stabilisation, plutôt que de chercher un problème du côté de l'instrument ou de la main.

À explorer dans le Music Hub

Autres guides

Tout est dans l'app, gratuitement

Le Music Hub réunit plus de 2 597 morceaux avec accords, piano au clic, transposition et capo. Gratuit, sans compte obligatoire.

Ouvrir le Music Hub →

Questions fréquentes

Peut-on jouer ses accords de guitare à l'ukulélé ?

Non, pas tels quels. L'ukulélé s'accorde Sol-Do-Mi-La sur quatre cordes, la guitare Mi-La-Ré-Sol-Si-Mi sur six : les intervalles entre les cordes diffèrent, donc la forme d'un accord sous les doigts change complètement même quand il porte le même nom. Un Do ou un La mineur se rejouent entièrement à l'ukulélé.

Quel est l'accord le plus facile à l'ukulélé ?

Do majeur, qui ne demande qu'un seul doigt posé sur la corde la plus aiguë, à la 3e case. La mineur vient juste après, lui aussi avec un seul doigt, mais sur la corde de Sol à la 2e case. Enchaîner ces deux accords est souvent la première chose qu'un débutant réussit à jouer.

Pourquoi la corde de Sol de l'ukulélé sonne-t-elle si aiguë ?

Parce que l'accordage standard est réentrant : la corde de Sol, bien qu'elle porte le numéro 4, est accordée plus aigu que la corde de Do juste à côté, au lieu de suivre un ordre du grave vers l'aigu comme à la guitare. C'est ce qui donne à l'ukulélé son timbre clair et pétillant caractéristique. Des jeux de cordes en Sol grave existent pour un accordage linéaire, mais restent minoritaires.

Quelle taille d'ukulélé choisir pour débuter ?

Soprano, concert et ténor partagent tous le même accordage Sol-Do-Mi-La : le choix entre eux est une question de confort et de volume sonore, pas d'accords différents à apprendre. Le baryton fait exception, avec un accordage Ré-Sol-Si-Mi proche de la guitare, donc des formes d'accords différentes du reste de la famille.

D'où vient l'ukulélé et que signifie son nom ?

L'instrument descend du machete, un petit instrument portugais de Madère, introduit à Hawaï en 1879 par des immigrants venus travailler dans les champs de canne à sucre. Son nom hawaïen signifie littéralement « puce sauteuse », uku pour puce et lele pour sauter, une image liée au mouvement rapide des doigts ; la reine Lili'uokalani proposait plutôt « le cadeau qui est arrivé ici ».

Le baryton s'accorde-t-il comme les autres tailles d'ukulélé ?

Non. Le baryton s'accorde Ré-Sol-Si-Mi, exactement comme les quatre cordes les plus aiguës d'une guitare, alors que le soprano, le concert et le ténor s'accordent tous Sol-Do-Mi-La. Conçu dans les années 1950 pour faciliter la transition d'un guitariste vers l'ukulélé, il utilise donc des formes d'accords différentes du reste de la famille.