Maurisson Music Hub

Music HubGuidesThéorie et harmonie › Les accords suspendus, diminués et augmentés

Guide théorie·18 min de lecture

Les accords suspendus, diminués et augmentés

Le sus4 et le sus2 remplacent la tierce d'un accord par la quarte ou la seconde : sans tierce, l'accord n'est ni majeur ni mineur, et le sus4 en particulier crée une tension qui appelle presque toujours une résolution vers l'accord normal. L'accord diminué empile deux tierces mineures sur la fondamentale, ce qui donne une quinte diminuée et un son instable ; en ajoutant une troisième tierce mineure, on obtient la septième diminuée, un accord parfaitement symétrique dont les quatre notes peuvent chacune jouer le rôle de fondamentale, ce qui n'en laisse que trois vraiment distinctes dans les douze tonalités. Le demi-diminué (m7b5), plus doux, remplace cette dernière tierce mineure par une tierce majeure et sert de pivot dans la cadence ii-V-i mineure du jazz. L'accord augmenté, à l'inverse, empile deux tierces majeures : sa quinte augmentée et sa symétrie totale par tons entiers en font l'accord le plus rare et le plus ambigu de cette famille. Aucun de ces six accords n'est un accord de repos : ils servent tous à créer ou à relâcher une tension avant de retomber sur un accord stable.
Ouvrir le Music Hub →

Le sus4 : la tension qui appelle sa résolution

Dans un accord sus4 comme Csus4, la tierce disparaît au profit de la quarte juste au-dessus de la fondamentale : Csus4 s'écrit Do, Fa, Sol, alors que Do majeur s'écrit Do, Mi, Sol. Cette quarte remplace exactement la note qui déciderait si l'accord est majeur ou mineur, et son absence laisse l'oreille dans l'incertitude : un sus4 n'est ni l'un ni l'autre, il est suspendu entre les deux.

Le terme suspendu vient tout droit du contrepoint savant, où une voix qui tenait une note d'un accord se retrouvait suspendue au-dessus de l'accord suivant, en dissonance, avant de redescendre d'un degré vers sa place naturelle. Cette technique de suspension préparée puis résolue est déjà décrite par le théoricien vénitien Gioseffo Zarlino dans son traité de 1558, avant d'être codifiée de façon systématique par le compositeur autrichien Johann Joseph Fux en 1725 dans son Gradus ad Parnassum, où elle forme la quatrième espèce du contrepoint enseigné aux étudiants. Le sus4 d'une grille moderne emprunte directement le nom de cette figure ancienne, sans toujours en respecter les règles : sur une grille pop ou rock, il n'est pas nécessaire que la quarte soit préparée par la voix qui la précède, seule la couleur harmonique de l'accord compte.

Ce qui reste vrai, en revanche, c'est le mouvement de résolution : dans l'immense majorité des cas, un sus4 redescend d'un ton entier vers la tierce pour rejoindre l'accord majeur ou mineur de même fondamentale. Dans Csus4 vers Do majeur, le Fa retombe sur Mi et referme la tension ouverte par la quarte. Ce mouvement, souvent noté sus4 suivi de l'accord normal dans la même mesure, sert à retarder l'arrivée d'un accord pour lui donner plus de poids, une figure fréquente en intro ou juste avant un refrain. Contrairement à la suspension classique, rien n'empêche cependant un sus4 moderne de ne jamais résoudre et de rester en l'état plusieurs mesures, en particulier lorsqu'il est utilisé comme simple couleur rythmique plutôt que comme mouvement harmonique dirigé.

Le sus2 : une couleur plus ouverte, et un piège de nommage

Le sus2 suit le même principe que le sus4 mais remplace la tierce par la seconde majeure : Csus2 s'écrit Do, Ré, Sol, contre Do, Mi, Sol pour Do majeur. Cette seconde se trouve juste au-dessus de la fondamentale, à l'opposé de la quarte du sus4 qui se trouve juste en dessous de la quinte : le résultat sonne plus ouvert et plus aérien, sans la même sensation de tirer vers une résolution précise.

Cette différence de caractère explique pourquoi le sus2 est si présent en pop et en folk : il adoucit un accord majeur ou mineur sans annoncer de résolution obligatoire, et peut rester tel quel plusieurs mesures sans sonner incomplet. Beaucoup de guitaristes l'utilisent en ornement, en alternant par exemple Csus2 et Do majeur sur un même gratté, pour ajouter du mouvement sans changer réellement d'accord.

Un sus2 se confond facilement avec un accord add9, et la différence mérite d'être posée clairement : un add9 garde la tierce et lui ajoute, par-dessus, la neuvième, qui n'est jamais qu'une seconde reportée une octave plus haut ; Cadd9 s'écrit donc Do, Mi, Sol, Ré et reste sans ambiguïté majeur, avec une couleur simplement plus riche. Un sus2, lui, retire complètement la tierce : Csus2 ne dit ni majeur ni mineur, exactement comme le sus4. Certaines grilles notent d'ailleurs le sus2 « sus9 », par pure confusion d'octave entre la seconde et la neuvième, un raccourci qui prête à confusion et qu'il vaut mieux éviter.

L'accord diminué : anatomie d'un accord instable

Un accord diminué empile deux tierces mineures l'une sur l'autre : Cdim s'écrit Do, Mib, Solb, avec une tierce mineure entre chaque note. Cette construction abaisse la quinte d'un demi-ton par rapport à un accord mineur normal, ce qui crée une quinte diminuée entre la fondamentale et cette dernière note. La quinte diminuée équivaut, à l'oreille, au triton, l'intervalle de trois tons pleins qui divise l'octave exactement en deux et qui reste, depuis le Moyen Âge, l'un des intervalles les plus instables de toute l'harmonie occidentale. Le résultat sonne tendu et cherche immédiatement à se déplacer ailleurs.

L'accord diminué apparaît naturellement dans toute gamme majeure : le septième degré, la note qui précède immédiatement la fondamentale, forme toujours une triade diminuée sans qu'il soit besoin de rien altérer. En Do majeur, la triade construite sur Si donne Si, Ré, Fa, un diminué pur. Cette instabilité en fait aussi un excellent accord de passage chromatique : placé entre deux accords diatoniques d'une tonalité, par exemple entre le premier degré et le deuxième degré, un accord diminué construit un demi-ton au-dessus du premier crée un mouvement de basse chromatique fluide qui relie les deux accords sans rupture, une technique encore très employée pour épaissir une grille par ailleurs simple.

L'histoire de l'accord diminué en musique occidentale suit une trajectoire nette, du choc à la banalité. Les compositeurs baroques l'exploitent dès le XVIIe siècle pour son potentiel dramatique dans l'opéra, où il sert à peindre la passion, la colère, le danger ou le mystère. Le théoricien français Jean-Philippe Rameau, dans son Traité de l'harmonie de 1722, tente le premier d'expliquer rationnellement pourquoi cette dissonance ne choque pas l'oreille malgré son empilement de tierces mineures et de seconde augmentée, l'analysant comme un accord de dominante dont la fondamentale réelle serait empruntée au sixième degré haussé de la gamme mineure. Cette tentative d'explication marque un tournant : le diminué cesse d'être une simple exception tolérée pour devenir un objet théorique à part entière.

La septième diminuée : une symétrie totale

En empilant une troisième tierce mineure au-dessus de l'accord diminué, on obtient la septième diminuée : Cdim7 s'écrit Do, Mib, Solb, Sibb, cette dernière note s'entendant comme un La bien qu'elle se nomme théoriquement Si double bémol pour respecter l'empilement strict de tierces mineures. La septième diminuée est un accord de quatre notes parfaitement symétrique : trois tierces mineures identiques empilées les unes sur les autres, ce qui divise l'octave en quatre parts rigoureusement égales de trois demi-tons chacune.

Cette symétrie a une conséquence directe et assez vertigineuse : n'importe laquelle des quatre notes de l'accord peut jouer le rôle de fondamentale, de tierce, de quinte ou de septième selon l'endroit d'où on l'analyse, et les quatre inversions sonnent absolument identiques à l'oreille. Concrètement, Cdim7, Mibdim7, Solbdim7 et Ladim7 désignent tous, note pour note, exactement le même empilement de touches sur un piano (la dernière fondamentale s'écrit théoriquement Sib double bémol pour respecter l'empilement de tierces mineures, mais s'entend et se note presque toujours La, bien plus lisible). Il n'existe donc, dans tout le système des douze tonalités, que trois septièmes diminuées réellement distinctes plutôt que douze, généralement identifiées par convention sur les fondamentales Si, Ré et Fa. Cette propriété fait de la septième diminuée un pivot de modulation redoutablement efficace : depuis un seul et même accord joué, on peut résoudre vers quatre tonalités différentes selon la note qu'on choisit de traiter comme sensible.

Rameau analysait déjà la septième diminuée comme un accord de dominante emprunté, bâti sur le sixième degré haussé de la gamme mineure. Les compositeurs des XVIIIe et XIXe siècles en multiplient l'usage dramatique dans l'opéra et la musique de scène, au point que la surprise s'émousse avec le temps : en 1911, dans son traité d'harmonie Harmonielehre, le compositeur autrichien Arnold Schoenberg observe que la septième diminuée a fini par perdre tout son tranchant, tombée selon lui des hautes sphères de la musique savante vers la musique de simple divertissement. Aujourd'hui, elle survit surtout comme accord de passage chromatique, une fonction que le jazz, le répertoire choral et certaines musiques populaires brésiliennes continuent d'exploiter sous le nom d'accord diminué à note commune, glissé entre deux accords diatoniques sans jamais s'imposer comme un but en soi.

L'accord demi-diminué (m7b5) : le cousin plus doux

L'accord demi-diminué reprend la même triade de base que le diminué, fondamentale, tierce mineure, quinte diminuée, mais remplace la septième diminuée par une septième mineure ordinaire : Cm7b5 s'écrit Do, Mib, Solb, Sib, à comparer avec Do, Mib, Solb, Sibb (soit La) pour Cdim7. La différence tient donc à un seul demi-ton sur la toute dernière note, mais elle change complètement le caractère de l'accord : le demi-diminué sonne plus sombre et plus feutré que le diminué complet, sans la même symétrie parfaite ni la même instabilité tranchante. On le note aussi Cø7, le petit rond barré étant le symbole spécifique du demi-diminué, à ne pas confondre avec le rond simple qui désigne le diminué complet.

Comme le diminué simple, le demi-diminué apparaît naturellement sans aucune altération : c'est l'accord de septième construit sur le septième degré de toute gamme majeure. En Do majeur, la septième bâtie sur Si donne Si, Ré, Fa, La, soit Sim7b5. Le même empilement de notes se retrouve, sous une autre fonction, sur le deuxième degré de la gamme mineure naturelle relative, ici La mineur : la triade Si, Ré, Fa y forme encore un diminué, et son septième accord un demi-diminué.

C'est précisément cette position sur le deuxième degré qui donne au demi-diminué son rôle le plus connu : il ouvre la cadence ii-V-i mineure du jazz, où le iim7b5 précède l'accord de dominante avant de résoudre sur la tonique mineure. Le guide sur la cadence ii-V-I en jazz détaille en profondeur ce mouvement et sa version majeure ; il suffit de retenir ici que le demi-diminué y joue exactement le rôle qu'un accord mineur septième jouerait dans une cadence en tonalité majeure, avec une instabilité en plus qui accentue encore l'appel vers la dominante. Sur le plan historique, le demi-diminué met du temps à s'imposer comme couleur harmonique à part entière : il ne devient réellement courant dans l'orchestre qu'au cœur du XIXe siècle romantique, quand les compositeurs cherchent des teintes plus riches que la seule opposition entre accords majeurs, mineurs et dominantes de septième.

L'accord augmenté : deux tierces majeures, la symétrie par tons entiers

L'accord augmenté empile cette fois deux tierces majeures : Caug s'écrit Do, Mi, Sol dièse, avec une tierce majeure entre chaque note. La quinte se retrouve haussée d'un demi-ton par rapport à un accord majeur normal, ce qui donne une quinte augmentée. Cette construction est, comme celle de la septième diminuée, parfaitement symétrique : l'octave se divise cette fois en trois parties égales de quatre demi-tons chacune plutôt qu'en quatre parties de trois demi-tons.

Cette symétrie ternaire a les mêmes conséquences que celle du diminué, à une échelle plus réduite : le même accord peut se réécrire de trois façons différentes selon la note choisie comme fondamentale (Caug, Eaug et Sol#aug désignent le même empilement de touches), ce qui ne laisse que quatre accords augmentés réellement distincts dans tout le système des douze tonalités, au lieu de douze. Cette division de l'octave en tierces majeures égales est aussi, exactement, la charpente de la gamme par tons, une gamme entièrement construite à partir de secondes majeures qui ne compte, elle non plus, que deux versions réellement distinctes. Les premier, troisième et cinquième degrés de n'importe quelle gamme par tons forment d'ailleurs, mécaniquement, un accord augmenté : les deux objets partagent la même symétrie et la même absence de repère tonal fort.

Contrairement au diminué, l'accord augmenté n'apparaît dans aucune gamme majeure ni mineure naturelle sans qu'on altère au moins une note. La gamme mineure harmonique fait toutefois exception : sa sensible haussée d'un demi-ton crée, sur le troisième degré, un accord augmenté spontané. En La mineur harmonique, la triade construite sur Do donne Do, Mi, Sol dièse, un Do augmenté qui sort directement de la gamme sans aucune altération supplémentaire. En dehors de ce cas précis, l'accord augmenté reste rare et sert surtout de courte transition ou de couleur de passage, par exemple pour intensifier un accord de dominante juste avant qu'il ne résolve, en haussant sa quinte le temps d'une mesure avant de la relâcher. Dès le début du XVIIIe siècle, l'écriture chromatique la plus audacieuse en fait déjà un usage ponctuel, toujours en position de passage, jamais comme accord de repos en fin de phrase.

Construction comparée : le tableau récapitulatif

Poser les six accords côte à côte, tous construits sur la même fondamentale Do, rend leurs différences immédiatement lisibles : chacun ne s'écarte de l'accord majeur ou mineur ordinaire que par une ou deux notes déplacées d'un demi-ton, mais ce déplacement change complètement la fonction et la tension de l'accord.

Construction des six accords sur la fondamentale Do
AccordFormule (intervalles depuis la fondamentale)Notes depuis DoSigle courant
Sus2Fondamentale, seconde majeure, quinte justeDo, Ré, SolCsus2
Sus4Fondamentale, quarte juste, quinte justeDo, Fa, SolCsus4
Diminué (triade)Fondamentale, tierce mineure, quinte diminuéeDo, Mib, SolbCdim ou C°
Demi-diminué (7e)Fondamentale, tierce mineure, quinte diminuée, septième mineureDo, Mib, Solb, SibCm7b5 ou Cø7
Septième diminuéeFondamentale, tierce mineure, quinte diminuée, septième diminuéeDo, Mib, Solb, Sibb (= La)Cdim7 ou C°7
AugmentéFondamentale, tierce majeure, quinte augmentéeDo, Mi, Sol#Caug ou C+

Ces six accords ne sortent pas non plus de nulle part : la plupart apparaissent spontanément dans une gamme majeure ou mineure, sans qu'il soit besoin de forcer la moindre altération. Le tableau suivant récapitule où les trouver directement, gamme par gamme.

Où ces accords apparaissent naturellement dans une gamme
GammeDegréAccord obtenuExemple
Gamme majeureVIIe degré (triade)DiminuéSi diminué (Si, Ré, Fa) en Do majeur
Gamme majeureVIIe degré (septième)Demi-diminuéSim7b5 (Si, Ré, Fa, La) en Do majeur
Gamme mineure naturelleIIe degré (septième)Demi-diminuéSim7b5 (Si, Ré, Fa, La) en La mineur
Gamme mineure harmoniqueVIIe degré (septième)Septième diminuéeSol#dim7 (Sol#, Si, Ré, Fa) en La mineur harmonique
Gamme mineure harmoniqueIIIe degré (triade)AugmentéDo augmenté (Do, Mi, Sol#) en La mineur harmonique

Les sigles eux-mêmes valent la peine d'être fixés une bonne fois pour toutes, car ils prêtent facilement à confusion sur une grille imprimée ou manuscrite. Le rond simple (°) désigne conventionnellement le diminué, qu'il s'agisse de la triade seule ou, suivi d'un 7, de la septième diminuée complète ; le rond barré (ø) désigne spécifiquement le demi-diminué, toujours en accord de quatre notes puisque la triade demi-diminuée seule n'existe pas en tant que telle, elle se confond avec la triade diminuée. Beaucoup de partitions de jazz simplifient malgré tout en notant m7b5 plutôt que ø7, plus explicite pour qui n'a pas mémorisé le symbole, tandis que « dim » sans chiffre suivant désigne presque toujours la triade seule et « dim7 » l'accord de septième complet.

Reconnaître ces accords à l'oreille et sur une grille

Le sus4 et le sus2 sont fréquents : tu les croiseras régulièrement dans des grilles pop, rock ou folk, souvent notés juste avant l'accord qu'ils précèdent. Le diminué, le demi-diminué et l'augmenté restent plus rares dans ce répertoire, davantage présents dans le jazz, la variété plus élaborée ou la comédie musicale, où le langage harmonique explore plus librement les tensions de passage. À l'oreille, le sus4 donne une sensation d'attente précise, le sus2 une ouverture plus neutre, le diminué une instabilité qui pousse au mouvement, le demi-diminué une tension plus sourde et plus sombre, et l'augmenté un flottement inhabituel qui ne ressemble à rien d'autre.

Le plus simple pour intégrer ces sonorités, c'est de les entendre isolément avant de les repérer dans un morceau. Le piano du Music Hub joue chaque accord d'une grille au clic, sus4, sus2, dim, m7b5 et aug compris, ce qui permet de comparer directement leur couleur avec l'accord majeur ou mineur dont ils dérivent. Une fois l'oreille habituée à cette tension particulière, les repérer dans une grille devient un réflexe plutôt qu'un calcul : cherche d'abord la note qui a bougé par rapport à l'accord attendu, puis identifie de quel demi-ton elle s'est déplacée pour savoir lequel des six accords tu as sous les doigts.

Pièges classiques à éviter

PiègeConfondre sus2 et sus4, ou ne plus savoir laquelle note remplace la tierce

Pourquoi — Les deux accords se ressemblent par le nom et par la fonction (remplacer la tierce), mais pas par la note utilisée : le sus4 la remplace par la quarte juste, juste en dessous de la quinte, tandis que le sus2 la remplace par la seconde majeure, juste au-dessus de la fondamentale. Confondre les deux fait tomber sur le mauvais accord, avec une couleur et une tension de résolution complètement différentes.

La bonne pratique : Retiens le repère de position : le sus4 monte d'un ton complet vers la quinte quand il ne résout pas, le sus2 se love juste au-dessus de la fondamentale. En cas de doute sur une grille, joue les deux et compare : le sus4 tire nettement plus vers une résolution que le sus2.

PiègeCroire qu'un accord diminué est juste un accord mineur au son triste

Pourquoi — Un accord mineur reste un accord stable, un accord de repos possible en fin de phrase. L'accord diminué, lui, contient une quinte diminuée, l'équivalent du triton, l'un des intervalles les plus instables de toute l'harmonie : il ne se pose jamais, il cherche activement à se résoudre ailleurs. Le confondre avec un mineur fait perdre tout son rôle de passage.

La bonne pratique : Écoute la quinte de l'accord plutôt que sa seule tierce : sur un mineur, elle est juste et stable ; sur un diminué, elle est abaissée d'un demi-ton et instable. Utilise le diminué comme accord de passage entre deux accords diatoniques, jamais comme point d'arrivée.

PiègeConfondre le diminué complet (dim7) et le demi-diminué (m7b5)

Pourquoi — Les deux partagent exactement la même triade de base, fondamentale, tierce mineure, quinte diminuée, et ne diffèrent que par leur toute dernière note : une septième diminuée pour l'un, une septième mineure ordinaire pour l'autre, un seul demi-ton d'écart. Jouer l'un à la place de l'autre reste harmoniquement proche, mais change la couleur et surtout la fonction, en particulier dans une cadence ii-V-i mineure où seul le demi-diminué convient.

La bonne pratique : Vérifie systématiquement la dernière note avant de jouer l'un ou l'autre, et repère le symbole exact sur la grille : rond simple suivi de 7 (°7) ou dim7 pour le diminué complet, rond barré (ø7) ou m7b5 pour le demi-diminué.

PiègeTraiter l'accord augmenté comme une couleur qu'on peut poser n'importe où, y compris en fin de phrase

Pourquoi — La symétrie totale de l'accord augmenté ne lui donne aucune direction de résolution claire, ce qui en fait justement un accord de passage par nature, jamais un accord de repos. Le poser en fin de phrase ou de morceau, là où l'oreille attend une résolution stable, laisse une sensation d'inachevé que peu d'auditeurs identifient consciemment mais que presque tous ressentent.

La bonne pratique : Réserve l'accord augmenté à de courtes transitions, en particulier juste avant un accord de dominante ou de tonique qu'il vient intensifier, et fais-le toujours suivre d'un accord stable plutôt que de le laisser en position finale.

À explorer dans le Music Hub

Autres guides

Tout est dans l'app, gratuitement

Le Music Hub réunit plus de 2 597 morceaux avec accords, piano au clic, transposition et capo. Gratuit, sans compte obligatoire.

Ouvrir le Music Hub →

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre sus4 et sus2 ?

Les deux remplacent la tierce de l'accord, mais pas par la même note. Le sus4 la remplace par la quarte juste (Csus4 : Do, Fa, Sol), ce qui crée une tension marquée qui appelle presque toujours une résolution vers l'accord normal. Le sus2 la remplace par la seconde majeure (Csus2 : Do, Ré, Sol), pour un son plus ouvert et plus doux, qui peut rester en l'état sans donner l'impression d'attendre quoi que ce soit.

Pourquoi l'accord diminué sonne-t-il si tendu ?

Parce qu'il empile deux tierces mineures, ce qui abaisse la quinte d'un demi-ton et crée une quinte diminuée entre la fondamentale et cette note, l'équivalent du triton, l'un des intervalles les plus instables de l'harmonie occidentale. C'est ce qui en fait un bon accord de passage : placé entre deux accords diatoniques, il relie leurs basses par un mouvement chromatique fluide plutôt que de se poser comme un accord de repos.

Quelle est la différence entre l'accord diminué et la septième diminuée ?

L'accord diminué (Cdim) est une triade de trois notes, fondamentale, tierce mineure et quinte diminuée. La septième diminuée (Cdim7) ajoute une quatrième note, une troisième tierce mineure empilée, ce qui rend l'accord parfaitement symétrique : ses quatre notes se répartissent l'octave en parts rigoureusement égales, et n'importe laquelle peut jouer le rôle de fondamentale. Il n'existe ainsi que trois septièmes diminuées réellement distinctes dans les douze tonalités.

Qu'est-ce qu'un accord demi-diminué (m7b5), et en quoi diffère-t-il du diminué complet ?

Le demi-diminué partage la même triade de base que le diminué (fondamentale, tierce mineure, quinte diminuée) mais se termine par une septième mineure ordinaire plutôt que par une septième diminuée, un seul demi-ton d'écart sur la dernière note. Il se note m7b5 ou ø7, sonne plus sombre et moins symétrique que le diminué complet, et joue un rôle précis en jazz : il ouvre la cadence ii-V-i mineure, en position de deuxième degré.

Pourquoi l'accord augmenté est-il si rare ?

Parce que sa construction, deux tierces majeures empilées, est parfaitement symétrique : l'octave se divise en trois intervalles égaux, et l'accord peut se réécrire de trois façons différentes selon la note choisie comme fondamentale. Cette symétrie ne donne aucune direction claire de résolution, ce qui limite son usage à de courtes transitions ou couleurs de passage plutôt qu'à un rôle d'accord principal. Seule la gamme mineure harmonique le fait apparaître naturellement, sur son troisième degré.

Un sus4 doit-il toujours se résoudre vers l'accord normal ?

Dans le contrepoint classique dont il tire son nom, oui : la suspension est préparée puis résolue par un mouvement obligé d'un ton vers le bas. Sur une grille moderne, ce n'est plus une règle stricte : un sus4 peut très bien rester en l'état plusieurs mesures comme simple couleur harmonique, sans jamais redescendre vers la tierce. La résolution reste toutefois de loin l'usage le plus fréquent, en particulier juste avant un refrain ou un accord important.